Actus

08/16/2018

Mad’onna, le film

Genre : biopic

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Pitch : Dans le NY des années 80, les coups de coudes de la future Madonna pour flirter avec les étoiles.

Statut : Numéro Uno de la Black list 2016 ! Pour ceux qui n’ont aucune idée de ce qu’est la Black list, rappelons qu’elle réunit chaque année les meilleurs scripts non produits. Elyse Hollander est une nouvelle venue sous contrat avec Universal qui a optionné le scénario. Madonna est au fait du script mais impossible de savoir s’il a son aval ou pas.

A l’aune des années 80, NY est une fourmilière artistique. Le disco est mort mais la pop est sur le point de renverser la table. A 24 ans, Madonna tente depuis un an de percer avec son groupe The Emmys. Son petit ami est le guitariste du groupe et ne dégage pas un 1000ème de son énergie.

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Le hic est que The Emmys, à l’instar du show télé, végète dans un ennui profond. Le groupe ne tient que grâce à l’énergie démentielle qui émane de Madonna et le script reflète bien sa capacité à forcer les portes, que ce soit de clubs privés ou de bureaux de studios musicaux.

Après une multitude de refus, Madonna tombe sur le DJ le plus en vue, un latino du nom de Jellybean. Elle lui impose d’écouter sa musique qu’il n’apprécie pas mais qu’il considère mixable. C’est suffisant pour faire démarrer Madonna au quart de tour. Elle lui promet la production de son prochain album s’il lui assure le meilleur des remix’s.C’est tout Madonna dans cette bravade. Incapable de s’imaginer autre chose qu’une star, elle en vient à convaincre quiconque croise sa route.

Les premiers morceaux sont des hits et les deux artistes sortent ensemble. Les producteurs et les studios se ruent aux pieds de Madonna et son amant jubile en imaginant produire l’album à suivre. Il s’entiche de Madonna au point de la demander en mariage et de la rendre enceinte. Mais ce qu’il ignore c’est que la furie italienne produit son propre album en secret et n’a aucune intention de se laisser dicter quoique ce soit dans son ascension.

Elle quitte Jellybean et avorte.

Avis : C’est dur et froid et c’est pour ça que c’est bon. Le script de s’embarrasse pas de sentiments et dévoile la dure réalité du star system quand il est au main d’une personne aussi déterminé que Madonna.

La bonne idée du script est de concentrer l’action sur 6 mois.

Maintenant, le personnage m’est antipathique. Madonna est devenue une caricature de social warrior transhumanisé à la limite de la folie fascisante. Néanmoins, 30 ans plus tôt, elle n’était qu’un ‘underdog’, un artiste luttant pour sa survie et personne ne peut été insensible à ce type de personnage. Travolta, dans Saturday Night Fever, n’est que le pendant de Madonna sans la hargne.

Le script propose un twist à mi chemin salutaire. Au lieu de se focaliser uniquement sur la Madonna forçant des portes, il présente un nouveau personnage en la personne de JellyBean. Ce dernier permet aussi de découvrir la face sombre de Madonna.

Quand elle lui explique en une phrase qu’elle vient d’avorter et que, au fait, elle le largue... On en reste pantois.

Intéressé par le script ? Message privé pour le recevoir ✌

Note : 8/10

Probabilité d’être produit : 5/10 (si Madonna ne vient pas forcer la porte du producteur)

Tags : Madonna / Pop music / Universal Pictures / Biopic

07/31/2018

Vivendi où la constance dans l’erreur et la vacuité

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L’année dernière nous avions couvert le lancement de Studio +, nouvelle officine en charge de contenus exclusifs pour mobiles. Nous avions émis toutes les réserves imaginables sur ce projet en pronostiquant sa probable disparition à court ou moyen terme.

En Juillet 2018, la chute de Studio + est actée, à l’instar de Canalplay. Autant dire que la stratégie digitale de Vivendi est au point mort ou nul part... C’est bien dommage pour les salariés de Canal mais c’est la démonstration que chez Punchtale on sait prendre le pouls des tendances de fond.

Néanmoins, on reste sans voix devant tant d’argent dépensé (45 M de pertes) et devant l’absence d’un semblant de réflexion et de bon sens. En revanche s’il y a bien une logique dans ce bric à brac numérique c’est l’obstination à vouloir réinventer la roue en pure continuité de la stratégie de JM Messier au temps de la splendeur décadente de Vivendi Universal. La convergence où ce concept abscons qui consiste à fusionner les contenus et les tuyaux au sein d’un même groupe continue à hanter les esprits du groupe Bolloré.

L’expérience les a sans doute échaudés pour quelques temps mais à quel prix ? Studio + a cumulés plusieurs tares dont celle de vouloir tout produire aux quatre coins du monde pour un public mondial. Comment des types issus des plus grandes écoles de commerce pouvaient ils imaginer réussir ?

Votre serviteur se souvient du jour où un ami scénariste lui proposa de pitcher des concepts à Studio +. J’émis quelques réserves polies tout en lui recommandant de prendre l’argent le plus vite possible avant la fermeture du guichet... Revenons à l’origine du projet.

L’idée de départ de Studio + était de considérer que les 3,7 milliards d’utilisateurs de smartphones dans le monde passaient en moyenne 20mn à visionner des vidéos chaque jour. Eureka se sont écriés les petits génies de Canal Plus ! Il n’y a donc qu’à capitaliser ce marché captif pour leur proposer des séries payantes.

Mais attention, image de marque oblige, les séries bénéficieraient d’un million d’euros de budget chacune. Et mobilité oblige, les séquences seraient proposés autour d’un format de 10mn dotés d’un ‘cliffganger’.

L’amateurisme de ce projet s’est très vite retrouvé dans les interviews des scénaristes qui alignaient du ‘high concept’, du ‘climax’, ou de la ‘mobile experience’ et autres anglicismes pathétiques, signes d’un ridicule suivisme artistique.

En effet, pourquoi réinventer la roue ? Amazon, Netflix, HBO, Apple dominent l’univers de la série et le format n’a rien à voir là dedans. Ces mastodontes peuvent se permettre de dépenser des milliards, de virer les deux tiers de leurs productions au bout d’une semaine et d’afficher en 4 par 4 dans le centre de Paris leurs dernières réalisations.

Observez vos voisins dans le métro. Ils visionnent tous leurs séries Netflix sans se soucier du format. Mais pour cela il faut prendre le métro...

Pourquoi un abonné Netflix irait s’enticher d’une énième abonnement pour des séries au financement batard ? Trop riches pour apparaître amateurs et dissidentes et trop cheap pour concurrencer les plateformes américaines.

C’est là où le point goodwin d’incompétence des pseudos spécialistes digitaux au sein des grands groupes audiovisuels atteint son apogée. Jamais ils n’apparaissent capable de se mettre dans la peau d’un ‘séries addict’ et de ses problématiques financières. Pour faire face au tsunami de contenus digitaux, une hiérarchie des dépenses s’est instaurée naturellement auprès de la cible des digital natives.

Le jeu vidéo truste la première place, les plateformes de contenus audiovisuels type Netflix suivent, avec ensuite les abonnements musicaux en streaming et enfin les plateformes VOD. Télévision et cinéma se partageant les miettes.

Comment imaginer alors placer un nouvel abonnement pour un contenu qui ne fait qu’allonger la liste déjà pléthorique des contenus audiovisuels ? Tous les programmes des plateformes réunis doivent avoisiner le millier de programmes. Ajoutez à cela les 500 films français et américains et vous rendez l’équation impossible. Est-ce que les financiers de Vivendi ont volontairement ignoré cette problématique en privilégiant un pari risqué ?

Il est probable qu’au vu de la situation de Canal Plus, il apparaissait impératif de tester au plus vite, de montrer qu’on était encore dans le coup auprès d’actionnaires de plus en plus nerveux. Entre Canal Plus dont les abonnés continuent à résilier leur abonnements en masse, une chaine C8 accumulant les pertes, une plateforme de VOD mise au rebut, on se demande ce qui va rester de ce qui fut la seule major française.

Chez Punchtale, on a pris le pari de l’écriture. Une écriture visuelle, serrée, moderne mais qui surtout ne coûte pas un kopeck ou si peu (un grand merci à mes deux illustrateurs). Un seul auteur, un seul décisionnaire et la conviction que devant le déferlement d’images, les mots garderont un sens de plus en plus aiguë. Si vous nous suivez c’est que vous savez trouver ici un ton que toutes les séries dites décalées et faussement modernes sont incapable de vous offrir.

Oui, beaucoup d’entre vous atterrissez sur la page Facebook attirez que vous êtes par les illustrations des covers (démasqués !). Mais telles des affiches de films, elles sont autant de portes entrouvertes vers un mode de mots dont l’imaginaire est sans limite.

Ensemble, continuons le combat.

Tags: Studio canal Vivendi canal plus television séries télé Bolloré cinéma

07/23/2018

Titre : Scénario catastrophe

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L'année 2017 n'aura pas failli à la règle en battant un nouveau record de désaffection en salle atteignant ainsi le niveau de... 1995. Oui, 25 ans plus tard les salles n'attirent pas plus de spectateurs qu'à l'époque de Waterworld.

L'année de référence en matière d'entrées salles reste 2002 date à laquelle sortaient Spiderman de Sam Raimi, Les deux tours de Peter Jackson, L'attaque des clones de Georges Lucas et Harry Potter et la chambre des secrets de Chris Columbus. Autant dire qu'il sera ensuite impossible d'afficher un tel line up de blockbusters.

En 2002, l'ado de base encore cinéphile allait 8 fois au ciné dans l'année. Il n'ira plus que 6 fois en 2017.

Revenons encore plus en arrière pour réaliser la chute vertigineuse de ce médium. En 1946, 90 millions d'américains allaient au cinéma chaque semaine... Soit plus de 4,5 milliards de tickets vendus sur l'année. En 2016, Hollywood vendra péniblement 1,5 milliards de billets.

Deux phénomènes ont rogné sérieusement l'attractivité du business, à savoir la loi anti trust et l'émergence de la télévision. Le premier a obligé les studios à se séparer de leurs cinémas et donc de voir une grosse partie de leurs recettes disparaitre. Le second a offert au public une nouvelle source de divertissement.

Jusqu'au années 70, les cinémas ne proposaient qu'une salle par film et, dès lors, le succès d'un film se mesurait en semaine. Des petits malins se sont alors dit que plus de salles permettraient de faire venir plus de spectateurs, d'où l'émergence des multiplexes.

En 1990, il y avait 24000 écrans. En 2000, il y en avait 38000.

Mais les multiplexes ont démontrés une chose. Plus de salles, plus de films ne se traduisent pas par plus de spectateurs. En 2001, plus de 10000 salles fermeront leurs portes alors que de nouveaux multiplexes ouvriront. Les chaines de cinema se retrouvent alors prisonnières d'un cercle vicieux qui les obligent à garder des salles non rentables à cause de contrat de location qu'elles ne peuvent résilier. 8 chaines de cinema feront ainsi faillite.

L'effet pervers des multiplexes est d'avoir voulu engranger le maximum d'argent le plus rapidement possible. En effet, les coûts de promotion devenant tellement élevés, il a fallu rentabiliser les blockbusters le plus vite possible avant d'être confronté à la concurrence d'un autre film. Résultat, les grosses productions se retrouvent sur plusieurs écrans à la fois en continue. Votre serviteur se souvient ainsi d'être allé voir Jurassic Park (oui, Jurassic Park et non Jurassic World...) sur Sunset boulevard à minuit dans une des trois salles diffusant le film 24h sur 24.

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Cette multiplication des multiplexes aura des conséquences terribles pour les bilans des chaines de cinéma, leur coûtant des centaines millions de dollars en frais fixes et les obligeant à augmenter le prix unitaire du billet. En 1980, un billet coutait 2,40$ alors qu'aujourd'hui il dépasse les 9$. Au final, les studios hollywoodiens s'en sont bien sortis en négociant des reversements de l'ordre de 90% des recettes dès la première semaine tout en s'accordant 50% les semaines suivantes. Seulement chacun sait aujourd'hui qu'un blockbuster réalise la majeure partie de ses recettes en première semaine...

Donc les studios apparaissent comme extrêmement résilient face à une situation économique qui ferait fuir n'importe quel investisseur. Contrairement aux chaines de cinéma, les studios ont derrière eux des immenses conglomérats pour qui les entrées salles représentent à peine une ligne sur leur bilan comptable d'une dizaine de pages. Les chaines de cinéma, quant à elle, n'ont que le nombre de spectateurs comme variable d'ajustement et quand ces derniers désertent les salles ils ne vendent plus de popcorn, de glaces ou de bonbons, bref là où sont leurs véritables marges.

En conclusion, plus le nombre de films produit augmente et plus les entrées baissent. Ce constat devrait interpeller le CNC en France mais on se doute que cela remettrait en cause un système de financement qui a besoin de défendre coûte que coûte son pré-carré financier...

Notons enfin que plus le prix du billet augmente et plus les entrées baissent. Enfin, l'impact de la télé n'est pas aussi fort sur la baisse chronique des entrées salles.

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Malgré tout, Hollywood continue à faire la une avec des records qui se chiffrent en milliards pour certains films. Cette industrie, contrairement aux autres, s'est faite une spécialité de survivre quoiqu'il arrive. En 2006, avec l'effondrement des ventes de DVD, deux studios étaient sur le point de fermer. L'émergence du marché chinois a permis de sauver les meubles. Tous les 10 ans, Hollywood sent le vent du boulet et passe entre les mailles.

Mais la réalité s'impose tous les ans un peu plus. Le film en salle n'est plus du tout la préoccupation principale des jeunes en matière de divertissement. Les progrès de la Virtual Reality sur les jeux consoles vont renvoyer la 3D des films en salle au rang de technologie ringarde. Les GAFA, Facebook, Apple, Netflix, occupe l'espace le plus intéressant artistiquement (les films à budget moyen et les séries). Aujourd'hui aucun studio ne produirait Heat de Michael Mann ou Seven de David Fincher. Mais les plateformes online surement...

Petit recap des sorties de l’année dernière. Si Raid dingue ou alibi.com ont été des succès, la liste des fours est juste sidérante.

JANVIER
Le 28 décembre 2016, sortait la comédie dramatique Le coeur en braille, réalisé par Michel Boujenah : indifférence du public avec moins de 140.000 entrées. La comédie Mes trésors, nanar avec Jean Réno, peine à atteindre 140.0000 entrées. Faut pas lui dire, avec Camille Chamoux et Jenifer, fait très légèrement mieux, mais le budget est bien plus modeste. Ouvert la nuit, de et avec Edouard Baer, franchit de justesse la barre des 100.000 spectateurs. Budget néanmoins très serré.

FEVRIER
Si j'étais un homme, d'Audrey Dana, avec Christian Clavier, se contente de 157.000 spectateurs.

MARS
La confession, avec Romain Duris, finit sa carrière à 216.000 entrées. La comédie Baby Phone attire à peine plus de 90.000 personnes. La comédie dramatique De plus belle, avec Florence Foresti et Mathieu Kassovitz, finit à 100.000 entrées.

AVRIL
370.000 entrées pour la comédie Gangsterdam avec Kev Adams ; très nettement insuffisant au regard du confortable budget d'environ 13 millions d'euros. 200.000 spectateurs pour la comédie Telle mère telle fille, avec Juliette Binoche et Camille Cottin. 72.000 entrées pour Orpheline, avec Adèle Haenel & Adèle Exarchopoulos (budget proche de 5 millions). 1 million d'entrées pour A bras ouverts, avec Christian Clavier et Ary Abittan. Le hic est que le budget est de 17 millions... Pratiquement 500.000 spectateurs pour Boule et Bill 2, contre 2 millions pour le premier volet. Résultat à comparer au budget d'environ 16 millions d'euros. 285.000 entrées pour la comédie C'est beau la vie quand on y pense, de et avec Gérard Jugnot. 125.000 spectateurs pour Un profil pour deux, avec Pierre Richard. 650.000 personnes ont vu Sous le même toit, de Dominique Farrugia ; insuffisant au vu du budget. 110.000 entrées pour Cessez-le-feu avec Romain Duris. Budget proche de 8 millions...

MAI
Problemos avec Eric Judor a attiré un peu moins de 200.000 personnes. Echec pour François Ozon avec L'amant double : environ 390.000 entrées. Un peu plus de 300.000 spectateurs pour Rodin, avec Vincent Lindon.

JUIN
50.000 spectateurs à peine pour Comment j'ai rencontré mon père, avec FX Demaison. Budget de 4 millions d'euros environ. Naufrage pour Nos patriotes, avec notamment Alexandra Lamy : - de 65.000 spectateurs pour un budget de plus de 6 millions d'euros... 220.000 entrées pour la comédie Le manoir, avec ses vedettes YouTube. 170.000 spectateurs pour K.O. avec Laurent Lafitte. Et enfin : le dispensable Bad Buzz avec Eric et Quentin...50.000 entrées et un budget proche de 4 millions.

JUILLET
330.000 spectateurs pour Mon poussin, avec PEF et Isabelle Nanty ; budget confortable, proche de 10 millions d'euros... 200.000 entrées seulement pour Les hommes du feu, drame avec Roschdy Zem. Budget d'environ 6 millions d'euros. Indifférence totale pour la comédie Loue-moi ! avec Deborah François et Alison Wheeler. Légèrement plus de 70.000 entrées... 150.000 curieux pour la comédie Mission Pays Basque, avec Florent Peyre. 165.000 pour la comédie La colle.

AOUT
Chouquette, avec le duo Sabine Azéma et Michèle Laroque, stoppe sa courte carrière à 75.000 entrées. Un p'tit tour et puis s'en va pour la comédie Rattrapage : 126.000 entrées, budget de 6 millions. Nombre d'entrées assez similaire pour Lola Pater, porté par Fanny Ardant. Mais budget très modeste. Moins de 110.000 entrées pour le thriller Une vie violente. 80.000 spectateurs pour le drame Djam de Tony Gatlif.

SEPTEMBRE
Bonne pomme, avec Depardieu et Deneuve, ne fait pas mieux que 235.000 entrées. 100.000 spectateurs pour Le prix du succès, avec Tahar Rahim, Roscdy Zem et Maiwenn. Cata pour 7 jours, pas plus, avec Benoît Poelvoorde et Alexandra Lamy : près de 50.000 spectateurs ! Four financier pour Michel Hazavanicius avec Le redoutable : 135.000 personnes pour ce film qui a coûté plus de 10 millions d'euros. 250.000 entrées pour la comédie L'un dans l'autre, avec Stéphane de Groodt et Louise Bourgoin. 215.000 spectateurs pour Gauguin avec Vincent Cassel.

OCTOBRE
465.000 entrées pour la comédie Le petit Spirou, avec Pierre Richard, François Damiens, Natacha Régnier. 650.000 personnes ont vu Coexister, de Fabrice Eboué ; insuffisant par rapport au budget proche de 10 millions. Tonie Marshall subit un très gros échec avec Numéro une : 180.000 entrées alors que le budget est d'environ 6 millions. 550.000 entrées pour Knock avec Omar Sy. Echec, le budget étant conséquent : autour de 12 millions d'euros. Cata, vu le budget, pour le dessin animé Zombillenium : 250.000 spectateurs.

NOVEMBRE
265.000 entrées pour la comédie Daddy Cool, avec Vincent Elbaz. Flop d'anthologie pour Polanski avec D'après une histoire vraie : 110.000 entrées, 13 millions de budget... Beaucoup de presse pour Tout nous sépare, avec Catherine Deneuve et Nekfeu, et au final moins de 170.000 entrées. A peine plus de 100.000 spectateurs pour La mélodie, comédie dramatique avec Kad Mérad. Accident industriel pour Guillaume Gallienne, avec Maryline : 150.000 entrées, budget de 8 millions. Sara Forestier devrait peiner pour le financement d'un prochain film. 70.000 spectateurs pour M, avec un budget supérieur à 5 millions.

DECEMBRE
110.000 spectateurs pour Marvin ou la belle éducation. 7 millions de budget... 100.000 entrées pour Madame, film d'Amanda Sthers. Humiliation pour Mélanie Laurent : son drame Plonger attire 35.000 personnes. 5 millions de budget. Stars 80 la suite se casse la gueule...Autour de 300.000 entrées. 161.000 entrées en première semaine pour la comédie La deuxième étoile.

Tags: Box office Star Wars recettes comédies françaises Hollywood télévision séries télé cinéma

06/29/2018

Titre : Star Wars, le torchon brûle

Disney impatient de virer Kathleen Turner pour avoir détruit leur franchise ATM de distributeur de billets.

Ne comptez pas sur Variety ou The Hollywood Reporter pour vous livrer une version honnête de l’ambiance qui règne à Disney autour de la franchise Star Wars. En effet, depuis que sa productrice Kathleen Kennedy en a pris les rênes avec la ferme intention de la moderniser dans un sens unique (comprendre personnages féminins, multi- culturels, luttant pour la ‘démocratie’...), les fans les plus loyaux sont en train de sauter du... train. Si Star Wars ratisse large en matière de public, les fans représentent toujours la clé de voûte du succès d’un film. À savoir la différence entre un The force awakens qui amasse 2 milliards et un The last Jedi qui termine à 1,3 milliards. Et cela sans mentionner le véritable four de Solo dont les recettes à l’étranger flirtent avec un anémique 350 millions.

Bob Iger, le big boss de Disney, a donc réunis dans le plus grand secret les grands pontes de Lucas Films, barricadant leur salle de conférence avec des vigiles aussi nerveux qu’une vierge un soir de noce.

Durant cette réunion, Iger a confirmé vouloir se séparer de Kennedy mais il a aussi reconnu en être pour l’instant incapable du fait qu’une bonne partie de Lucas Film l’a soutient et que surtout personne ne veut le job. J.J. Abrams a poliment refusé.

Chez Disney on sait que Kennedy est LE problème. Elle a récupéré une franchise dont elle dédaignait la cible, des gosses et majoritairement des garçons. Elle en a fait une franchise où les filles ont le beau rôle et, au-delà, une sorte d’outil politique en phase avec les ‘social warriors’. Le hic est que les jeunes progressistes révolutionnaires n’achètent pas de jeux et de figurines en masse...

Disney a maintenant deux gros problèmes entre les mains. Épisode IX, le chapitre final de la trilogie est prétendument sous l’entière responsabilité de J.J Abrams. Mais Kennedy a eu le dernier mot sur le script. De plus, si les spin offs unitaires comme Solo ne sont plus d’actualité, tout repose sur la prochaine trilogie. Et qui donc Kennedy a-t-elle mis à la tête de ce bouzin ? Rian Johnson, le créateur de The last Jedi...

Enfin, Star Wars a perdu en route ses personnages les plus iconiques comme Han Solo, Princess Leila, Luke Skywalker, Darth Vader. Qui peut imaginer que Rey et Finn vont pouvoir faire illusion bien longtemps ? Ça sent le roussi dans la galaxie.

Star Wars / The last Jedi / Solo / JJ Abrams / Disney / Trilogie / Hollywood

06/25/2018

Titre : balance tes sous

Alors que le monde s’extasie devant les prouesses financières d’Amazon et de Netflix en terme de production (jusqu’à 250 millions la série...) il serait temps de revenir sur les plus gros fiascos de la télé US. Car oui, Netflix et Amazon auront les leurs.

Super Train - 1979 L’idée de départ était en soit déjà voué à dérailler, à savoir un train à grande vitesse reliant NewYork à Los Angeles en... 36 heures. Alimenté par un coeur nucléaire, le train aurait dû faire fuir ses passagers. Mais ce sont les téléspectateurs qui se sont barrés en courant.

Dans une sorte de Love boat sur rails, Super Train nous gratifie d’une kyrielle de personnages caricaturaux et surtout sans intérêts. On retrouve bien sur notre black de service, toujours enclin à servir des cocktails sur le pont du train, là où des passagers sirotent leurs verres sans une mèche de travers...

A 4 millions de dollars de l’époque l’épisode, NBC a vite compris que la rentabilité serait aussi longue à atteindre que Los Angeles en Super Train. Malgré l’effort de guest stars comme Tony Danzas pour rendre le voyage plus rock’n’roll, les téléspectateurs affligés préféreront éviter le mal de cœur et de tête en zappant sur Golf Channel.

Battlestar Galactica - 1979 Décidément 1979 fut l’année des fours. A l’origine il y avait la volonté de reproduire le succès Star Wars de 1977 sur le petit écran. Les premières diffusions ne déméritaient pas en terme d’audience mais rapidement l’érosion des ratings rendit son avenir incertain. Le coup de grâce vint de la censure qui refusa toute représentation de violence et de sang pour un programme diffusé en prime time.

Résultat, les humains dans leurs combinaisons moulantes ne sont jamais ne serait-ce qu’effleurés par les tirs des cyborgs à 5 contre 100 ! Malgré tous les efforts de la production à 1 million de dollars l’épisode pour attirer le red neck du middle west avec des vaisseaux de combat dégageant des flammes dignes des courses de NASCAR, la série disparut dans les limbes d’un trou noir.

Terra Nova - 2011 Produit par le parrain Steven Spielberg, ce délire dinosauresque s’est révélé incapable de tenir sur la durée tel un tyrannosaure roi du sprint. A la décharge des créateurs de la série, avec un pilote à 14 millions de dollars et des épisodes à 4 millions, la barre dépassait largement le col d’un dinosaure. La fox commanda une seconde saison au vu des ratings mais le coût astronomique de la série l’empêcha de s’installer sur la durée.

Marco Polo - 2016 Netflix paria gros sur cette première saison à 90 millions de dollars pour contrer Games of thrones. Mais à 10 millions de dollars l’épisode, les aventures du portugais en vadrouille n’ont pas attirés les foules. A croire que l’heroic fantasy est plus forte que notre Histoire.

Hollywood ,TV séries , Game of throne , Science Fiction , Battlestar Galactica , Money , Flops , Episodes , Sexy

06/25/2018

Titre :To make a long story short La nouvelle source d’inspiration à Hollywood

Nous en sommes à la septième ou huitième adaptation de nouvelles à Hollywood. Ce chiffre n’est pas à prendre à la légère car derrière se cache sans doute une tendance de fond. Sachant que plus personne n’a même le temps de lire un scénario dans son intégralité, passer 20 minutes à lire une courte histoire peut se révéler un bon moyen de convaincre un professionnel.

Les auteurs de Sans un bruit (A quiet place) ont ainsi vendu une série adaptée d’une nouvelle, We have always lived on Mars, d’un auteur totalement inconnu. Aujourd’hui nous nous attacherons à Antlers adapté d’une histoire courte de Nick Antosca.

Julia Grey est une jeune institutrice de 23 ans envoyée dans un patelin paumé du sud où on lui demande de juste éviter que les gosses ne s’amusent à s’imbiber d’essence avant de s’enflammer. Bref, bienvenu dans Baron City. Cette mise en garde ne l’empêche pas de s’attacher à un jeune élève, Lucas, artiste incompris qui refuse de communiquer avec elle. A tel point qu’elle se décide à aller le voir chez lui.

Elle découvre alors le musée des horreurs sous les traits d’une bâtisse totalement abandonnée, pourrie, délabrée et surtout sans Lucas qui dort dans une tente. Mais si l’élève dort dans une tente, qui dort à l’intérieur de la baraque ?

Julia est dévoué à sa cause mais pas totalement stupide. Elle préfère garder ses distances jusqu’au moment où elle entend les pleurs d’un enfant. Avec son coeur d’artichaut et son courage de midinette, elle se lance à l’assaut de la maison et tombe sur deux cadavres, un père et un enfant.

Ceci peut alors expliquer le comportement étrange de Lucas pour le moins. Pourtant, les pleurs de l’enfant ne cessent pas et Julia va vite réaliser qu’elle à ouverte la boite de Pandore en laissant échapper un monstre...

Revenons à la forme et observons prosaïquement que c’est un script vraiment bien écrit.

Prenons cette scène d’introduction où Julia plonge dans la fosse aux lions en faisant face à sa première classe. Les auteurs auraient pu s’en tenir à une confrontation houleuse sans grande originalité. Au lieu de quoi ils ont introduit un personnage additionnel en la personne du directeur de l’établissement qui ne croit pas du tout en elle. Elle se sent alors observé, jugé et encore plus fébrile. Cette nouvelle présence permet d’abord d’augmenter les enjeux et la tension de la scène et aussi d’introduire un nouveau personnage, le directeur, que l’on retrouve juste après dans une séquence où il convoque Julia dans son bureau.

C’est malin et cela permet aussi d’introduire le personnage principal du film, le windigo où l’esprit maléfique qui surgira plus tard..

Dans la scène suivante, le directeur fait donc face à Julia sans un mot. En l’espace d’une seule phrase les auteurs réussissent à décrire ce combat invisible qui les oppose. Ils décrivent une différence d’âges, de genres et de cultures et du fait qu’il est né ici et pas elle.

Sans un mot échangé entre eux, nous sommes déjà happés par la scène et attendons fébrilement la scène suivante. C’est la base de toute bonne écriture à savoir frapper fort et vite pour caractériser les personnages. Dès le début on assiste à l’impuissance de Julia et à la haine de son supérieur. Elle n’a aucun allié.

Idem pour l’élève Lucas. Dès la première scène on apprend qu’il est seul, qu’il est une sorte de mouton noir et qu’il a un talent de dessinateur. En nous permettant de nous attacher très vite à leurs personnages les deux auteurs réussissent à nous faire oublier la simplicité de l’intrigue qui suivra. Bien que cela devienne un simple ‘survival movie’ avec le windigo lâché dans la nature, nous suivons l’intrigue grâce à l’authenticité des deux personnages principaux.

Note globale : 8/10

Chance de finir sur un écran : 8/10

Hollywood , Netflix ,Fantastique , horreur ,Thriller ,Films ,Scénario

06/25/2018

Titre : Hollywood Destruction

Tel pourrait être le pitch d’un film catastrophe avec Dwayne Johnson dans le rôle titre. Nous n’en sommes pas là. Pas encore. Mais ces dernières semaines ont définitivement bouleversés le paysage hollywoodien.

Vu de France, tout semble rouler, business as usual... Les films de Marvel sortent avec une régularité de métronome et le public rempli les salles avec un sourire béat. Mais à Los Angeles un simple évènement apparemment anodin à rebattu les cartes de façon sans doute définitive.

Rappelons déjà qu’Hollywood est en proie à une restructuration interne tous les 10 ans. A l’instar de l’économie mondiale et de ses crises financières, Hollywood joue sa survie toutes les décennies.

Au début des années 80, les studios sont à genoux après 10 ans passés à laisser les mains libres à des réalisateurs à peine sortis de UCLA ou USC. Le cinéma d’auteur a presque anéantit les sexagénaires bedonnant à la tête de studios aux bilans comptables déliquescents.

Déboulent les nouveaux seigneurs de la guerre, des trentenaires qui sauveront Hollywood avec la formule du High Concept. Les Michael Eisner, Don Simpson, Jeffrey Katzenberg et consorts insuffleront un nouveau souffle aux studios en misant sur le blockbuster ultra marketé.

Au milieu des années 90, le cinéma indépendant initié par Miramax se meurt et Hollywood voit débouler un nouveau studio, Dreamworks, remettant en cause le statut monopolistique des sept studios traditionnels. La révolution Spielberg fera long feu mais Hollywood a senti le vent du boulet.

En 2006, avec la chute drastique des ventes de DVD, les studios s’apprêtent à licencier la moitié de leurs effectifs. On murmure que deux studios, au moins, pourraient fermer leurs portes. Encore une fois, Hollywood échappe à la sanction grâce à l’international, au marché chinois en particulier.

Aujourd’hui, le marché chinois réalise ses plus gros succès avec ses propres productions nationales. Hollywood a longtemps espéré que les ventes de VOD, SVOD et streaming compenseraient la disparition du DVD. Mais le switch prend du temps...

Entre temps, il y a eu les deux deals du siècle. La premier avec la fusion de Disney avec Marvel et le second avec Lucas Films. Hollywood est devenu Disney. Disney est Hollywood. Nous l’avions prévu il y a plusieurs mois en imaginant que Disney soit l’Amazon audiovisuel.

La dernière sortie d’Avengers et son score dantesque souligne, s’il le fallait encore, la position inexpugnable de Disney qui boxe dans une catégorie poids lourds sans adversaire et qui rafle tous les prix...

Cette reconfiguration aurait due à elle seule traumatiser les autres studios. Mais la foudre peut, occasionnellement, frapper deux fois. Ce second choc prend les traits d’un homme, Ryan Murphy. Créateur à succès de séries comme Glee ou The people vs OJ Simpson, le producteur bénéficiait d’un contrat très lucratif au sein de la Fox.

Alors que son studio entame des discussions pour être racheté (encore) par Disney, il reçoit un appel de Netflix qui l’invite au 14ème étage du siège où Ted Sarandos, le grand manitou du marketing, expose une immense carte digitale sur laquelle apparaissent les territoires où ses séries se vendent le mieux. L’offre qui lui est faite est impossible à ignorer. 300 millions de dollars pour un contrat de cinq ans et la liberté absolue de produire n’importe quel film ou série. Ryan célèbre son deal le soir même sur Sunset Boulevard sans arriver à y croire.

L’alerte avait déjà retentit quelques semaines plus tôt. Amazon déboursait 250 millions pour développer la série préquel au Seigneur des anneaux et Apple accordait la même somme à Jennifer Aniston pour sa propre série.

A ce stade, il est difficile de ne pas voir l’évidence. La Silicone Valley à pris le relais des studios traditionnels. Il y aura des morts, des échecs, beaucoup d’échecs mais les Gafa ont les poches pleines.

Hollywood , Netflix , Series , Disney , Scenario , Cinema , Télé , Télévision

05/11/2018

Titre : L’invasion des youtubeurs ciné

En attendant la sortie imminente de mon nouvel opus The beast, Punchtale s’autorise une petite incursion dans le monde quelque peu déprimant des Youtubeurs critiques de cinéma.

En effet, alors que le cinéma apparaît depuis le début des années 2000 comme un art prisonnier de ses progrès techniques (avec l’arrivée à maturité du cgi ou des effets spéciaux numériques) et comme une occupation occasionnelle depuis quelques années, jamais les commentateurs cinéphiles n’ont été aussi nombreux.

Qu’est ce qui peut pousser un jeune à critiquer un art sur le déclin ? Pourquoi n’assiste-t-on pas à l’éclosion de chaines youtube consacrées aux dernières productions Netflix ou Amazon ?

Il semble que le cinéma, malgré la baisse indéniable de son statut auprès du grand public, continue à fasciner les apprentis cinéastes ou les quadras qui ont grandis avec l’excitation liée aux sorties du mercredi dans les années 80/90. En effet, on distingue deux groupes de critiques, ceux qui sont fraichement sortis de leur école de cinéma privée et qui, à défaut de bosser dans le milieu, se raccroche à leur ‘art’ par la branche la plus basse et ceux qui n’ont aucune ambition artistique mais qui regrette l’époque où la sortie des films faisait l’évènement.

Pour la première catégorie, nous ne pouvons qu’assister tristement à des montages vidéos qui vont du plan fixe de face à l’insertion de séquences filmiques scénarisées pour un résultat au final similaire et qui pourrait se résumer à l’interrogation suivante : à quoi bon ?

A quoi bon tenter d’analyser des films qui, pour la plupart, ne méritent guère que l’on s’y attarde ? Hollywood rime avec Marvel et Disney et a définitivement abandonné le film à moins de 150 millions. Voilà le paradoxe. A l’époque où internet n’existait pas ou pointait tout juste le bout de son nez (les années 80 et 90), le cinéma américain aurait mérité ce type d’analyse. Il y avait à l’époque un vrai cinéma indépendant et les studios s’engageaient sur une vingtaine de films autour de 30/40 millions. Citons, en 1995, les sorties quasi simultanés de Heat de Michael Mann, Seven de David Fincher et L’armée des 12 singes de Terry Guilliam. Autant de films cultes qui auraient pleinement mérité la critique de jeunes cinéastes en herbes.

Au lieu de cela, nous voyons débouler des moins de 30 ans au physique d’hermaphrodite, cultivant des colliers de barbe en hommage à Robert Hue et s’extasiant devant le dernier Marvel. Comment peut on passer 30 minutes à ‘analyser’ un Avengers ? Aucune idée mais visiblement, eux, pourront vous éclairer.

Les plus âgés des critiques ont le méritent d’avoir connu un autre cinéma et de prendre plus aisément leurs distances avec les fameux ‘blockbusters’. Leurs critiques se regardent avec, pour ma part, un peu plus de tendresse, génération oblige. En conclusion, youtube semble être devenu le terrain de jeu des diplômés du dernier rang des écoles de ciné. Quel est leur intérêt ? Surement pas pécunier depuis que Google a rendu les règles de monétisation encore plus compliqués. Artistiquement, la démarche se révèle laborieuse. Finalement, il reste le sentiment de devoir exister à tout prix auprès d’une famille audiovisuelle qui accueille sporadiquement des transfuges de l’internet. Avant de les recracher aussi vite..

Notre petite sélection se résume au pire et au meilleur. En effet, le nombre de youtubeurs ciné étant aussi large que celui de chroniqueurs télé et d’avocats d’affaires réunis, nous vous avons simplifié la tâche ! 1/10 : Le pire du pire aka Durendal Le jeune eunuque pollue l’internet depuis 5 ans à raison d’une vidéo par semaine. Un physique de cultivateur de moules dans le Morbihan et une attitude en adéquation. Le gars s’incruste à son rocher d’où il balance des affirmations lexominales. A force de squatter les salles obscures, le garçon présente un visage translucide inquiétant. Le ‘dungeon tan’ ne lui sied guère. A noter un bouton sur sa narine droite qui semble être aussi indélogeable qu’un sénateur des républicains.

8/10 où le Fossoyeur de films Un vrai travail filmique avec une mise en scène léchée et surtout une vraie culture cinématographique. Notre énième adepte du collier de barbe propose une mise en perspective de thèmes cinés liés à l’actu. Cela veut dire quoi ? Regardez par vous même ! A noter que son physique et son timbre de voix sont bien moins insupportables que ceux de son acolyte Durendal. Et oui, la vidéo c’est aussi de l’image et du son...

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05/02/2018

Titre : The dirt

Autobiographie sans limites Auteur : Rich Wilkes d’après le livre de Tommy Lee, Mick Mars, Vince Neil, Nikky Sixx

Avis sur l’autobiographie à plusieurs :
C’est donc fait, j’ai fermé le livre consacré au groupe de Glam Metal, Motley Crue. Il me semblait indispensable de dépasser le scénario limité par sa forme et par son médium de diffusion. La curiosité malsaine suscité par le scénario m’a donc poussé à commander le livre sur Amazon.

Qu’en dire ? Et bien oui tout ne pouvait pas être narré sous peine de tomber dans le gore absolu. Comme cette scène où le guitariste du groupe saisit le lobe d’un type dans un club de Sunset boulevard et le lui plante avec un clou sur une table. Il se réveille quelques heures plus tard. Le type n’est plus là mais le clou n’a pas bougé.

Néanmoins, au-delà de ces exploits sordides, on en apprend plus sur le parcours de chacun des membres et cela permet de mettre en perspective leur débauche à venir. Ils ont tous souffert de maltraitance et n’étaient destiné qu’à vivoter littéralement pour survivre.

La chance d’être découvert par un jeune chercheur de talents a tout changé. Mais on ne passe pas de l’obscurité à la lumière sans en payer le prix et l’anecdote du jeune producteur du label Elektra est à ce titre pour le moins curieuse.

Alors que le groupe prépare son nouvel album, Shout with the devil, le producteur se rend chez l’auteur des chansons du groupe et le découvre livide, terrorisé par des évènements surnaturels censés avoir lieu chez lui. Des objets volent dans les airs selon lui... Le producteur lui conseille d’abandonner ses rituels sataniques et ses lectures de magie noire tout en changeant le titre de son album.

Deux jours plus tard, le producteur revient chez le compositeur et découvre stupéfait des écritures rituelles sur les murs du salon. Le rockeur bredouille qu’il a pris les devants et a changé le titre de l’album pour Shout at the devil. Au même moment, une fourchette et un couteau s’élèvent devant le producteur pour aller se planter au plafond.

Bizarrement, compte tenu du profil du producteur et de la nature du groupe, on accepte cette version des faits. Qu’il y ait eu un pacte maléfique entre Motley Crue et une entité divine n’est pas à exclure. Rappelons, par exemple, que la chanson COD du groupe ACDC se traduisait par Care of the Devil. Quant à l’album Black Celebration de Depeche Mode... Bref, l’intrusion d’une entité démoniaque dans l’ascension du groupe n’est pas quelque chose qui me surprendrait étant le premier à avoir traité du même phénomène dans une de mes fictions sur le tournage du film Damien.

La chute du groupe est aussi bien plus détaillée que dans le scénario et il est impossible de ne pas relever cette séquence tragique, sans doute une des plus bouleversante qu’il m’est été donné de lire, la mort de la fille du chanteur.

Ce dernier est ainsi appelé en urgence par sa femme alors que sa fille de 4 ans est emmené à l’hôpital pour des douleurs terribles au ventre. Les chirurgiens lui retire une tumeur grosse comme une aubergine et doivent lui enlever un rein. Mais le calvaire ne s’arrête pas là. En fait, la pauvre fille voit son cancer se propager à tous ses membres. A peine une opération a-t-elle eu lieu qu’une nouvelle tumeur apparait ailleurs. On a la furieuse impression de se retrouver dans le film l’Exorciste où la jeune héroïne subit des prélèvements cervicaux à répétitions devant l’effarement de sa mère. Effaré, le chanteur du groupe l’est aussi devant sa fille qui tente de lutter avec la force d’un enfant de quatre ans. Ses parents feront tout pour l’a soutenir allant même pour son père à se déguiser en Donald Duck géant...

Finalement, l’enfant ouvrira une dernière fois ses yeux et lancera un dernier regard à sa mère, celui de quelqu’un qui sait qu’une fois ses paupières fermées elle sera parti pour toujours.

Il y a tout dans ce chapitre. La furieuse envie de vivre d’un enfant et sa capacité presque inhumaine à survivre à des opérations qui l’ampute implacablement. La lente descente d’un père dans la folie. L’humanité pure d’un rocker déglingué, outrageusement rebelle, mais se révélant en fin de compte un père incroyable.

Le livre n’a pas (encore) été traduit. Mais pour ceux qui maitrisent (bien) la langue de Donald Trump (125 adjectifs et verbes confondus), la lecture s’impose.

Il est a noté que, malgré leurs comportements (injection d’héro à gogo, débauches sexuelles à faire fantasmer Pierre Woodman) aucun de nos desesperados ne contractera une mst ou le sida...

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10/01/2018

Titre : The dirt

Logline : Un regard sur l’un des groupes de hard rock les plus (barrés ?) iconiques- Motley Crue
Statut : L’adaptation du livre The dirt a circulé pendant des années et a même inauguré la fameuse et désormais célèbre Black list référençant les meilleurs scripts chaque année. C’est finalement Netflix qui a pris le risque d’adapter cette saga orgiaque de décibels, de drogues et de sexe. Si le résultat est probant attendons nous à voir fleurir une successions de biographies autour de Van Halen, ACDC, Guns and Roses...
Auteur : Rich Wilkes d’après le livre de Tommy Lee, Mick Mars, Vince Neil, Nikky Sixx

Avis :
Warning ! Si le sexe ultime, sans limite, adossé à des comportements à la limite de l’humanité risque de choquer votre éducation, religion ou les deux à la fois, ne lisez pas ce qui suis. Le scénario est une narration qui suit les membres du groupe sans ordre chronologique avant, durant et après leur splendeur. Les années 80 sont largement représentées comme la décennie ultime des groupes de hard rock grand public.

Commençons par le chanteur et leader du groupe, Vince Neil. La quintessence du tombeur. Père avant même d’avoir quitté le lycée, il a compris rapidement que la musique lui permettrait de lever toujours plus de filles.

Ensuite, vient Nikky Sixx, le joueur de basse. Le type a morflé durant son adolescence en se prenant des coups à répétitions par sa mère et ses beau-pères successifs. Il intègre le groupe et devient rapidement héroïnomane.

Tommy Lee, plus connu du grand public pour sa sex tape avec Pamela Anderson, a plutôt eu une adolescence tranquille sans que cela n’altère pourtant son obsession de se taper des célébrités d’Hollywood. Enfin, on a le personnage le plus mystérieux du groupe, le guitariste Mike Mars. Plus âgé que ses compadres, il a déjà tenté de devenir une rock star dix ans plus tôt. Reclus et solitaire, il découvrira qu’il est victime d’une maladie rare transformant son squelette en bloc de ciment. Le scénario s’ouvre sur une soirée privée au cours de laquelle Tommy Lee pratique le sexe oral sur une fan tandis que Nikki Sixx attend la bouche ouverte qu’elle ‘éjacule’. Ce qui se produit rapidement pour le plus grand bonheur de tous. Vous voilà prévenu.

En fait, tout ceci n’est qu’un apetizer. Le groupe croise le chemin de Ozzy Osborne près de la piscine. Ce dernier est en manque. Mais les membres du groupe lui dise qu’ils sont à sec. Osborne ne s’avoue pas vaincu et s’agenouille pour respirer avec sa paille une patrouille de fourmis...

Les pages consacrés à Vince Neil sont les plus difficiles à suivre. Il tuera accidentellement son meilleur ami à une soirée et infligera des dommages cérébraux à deux adolescentes. Il s’en tirera incroyablement avec un mois de prison et on le retrouvera baisant 5 jeunes femmes alignées tandis que la scène sera entrecoupées de brèves images de la rééducation des deux filles...

Ce qui surprend le plus avec The dirt c’est le souci du détails. Les membres du groupe vont ainsi révéler à quel point ce statut de rock star les rendait fou. Chanter pour la centième fois des mélodies pour lesquelles ils n’avaient aucun respect alors que leur organisme semblait sur le point de lâcher sous les coups de butoir de leurs injections d’hero devait être, malgré tout, une sacré épreuve.

Il y a des images, des symboles forts, particulièrement cette ‘Machine’, sorte de deus ex machina en acier surmonté de leviers en tout genre. Les membres du groupe lui rende leur respect comme à Satan et gravissent les étages à chaque étape de leur voyage dans la célébrité mortifère. Plus ils s’élèvent plus ils sont broyés comme une viande passée au mixer. Frappant.

Le script est littéralement sans limite. Vince Neil sodomise à tout va et soudain la caméra se retrouve dans ses c.... Voilà le niveau ! Le script dépasse de loin tout ce qui a été écrit sur la notoriété, le rock, la déchéance, la drogue... Il réussit ce tour de force en s’attachant aux moindres détails comme la maladie rare de Mike Mars ou les trips de Vince Neil qui s’apparente à des expériences encore plus marquantes que celles de Transpoting pourtant mètre étalon dans le domaine.

Personnages captivants, scènes traumatisantes, environnement excitant, tout mais tout donne envie de voir le résultat en image et surtout de lire le livre pour en savoir plus !

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08/01/2018

Anne Hathaway pour Sue ?

Titre : Breaking news in Yuba county Genre : Comédie noire
Statut : Nommé dans la black list 2017
Auteur : Amanda Imoko
Logline : Après avoir surpris son mari avec une prostitué, Sue Bottom assiste à sa mort subite suite à une crise cardiaque. Elle décide de l’enterrer et de profiter de sa soudaine notoriété...

Avis : J’aime cette approche quand un auteur s’inspire d’un précédent à succès (Gone girl) tout en lui donnant une nouvelle direction. C’est au moins la certitude d’être lu, voir d’être vu et c’est ce qui est arrivé à l’auteur en atterrissant sur la black list 2017 qui regroupe les scénarios les plus en vu du moment.

Reprenons le cours de l’histoire. Susan Bottom pense sincèrement que son mariage fonctionne. Mais quand le jour célébrant leur énième année de mariage elle se rend au bureau de son mari qu’elle n’est pas sa surprise de le surprendre acheter des fleurs et se rendre à un motel. Elle le surprend en pleine action avec une sacrée baleine du nom de Leah. Paniqué, l’époux rend l’âme autant par le choc de la rencontre que par le surpoids de sa partenaire.

Une Susan survolté ordonne à Leah de se barrer et imagine un plan vicieux où elle enterrera son mari, mettra sans dessus dessous leur maison et affirmera que son époux a été enlevé.

Ce que Susan ignore c’est que son mari blanchissait de l’argent pour un mafieux indien et qu’il avait été recommandé par son déchet de frère, Petey. Ce dernier prétend alors qu’il connait la raison de sa disparition devant une Susan prise de court.

Dans le même temps, Susan découvre que tout le monde se fout de la disparition de son mari. Elle est alors obligé de lier son mensonge au vrai enlèvement d’une petite fille en prétendant que son mari avait des informations sur ce kidnapping.

Si Susan bénéficie enfin de l’attention du public, elle est aussi scruté par la police qui commence à trouver son histoire foutrement bancale. Le script se lit comme un breakfast menu chez Mc Do. Le muffin est onctueux et le café chaud mais deux heures plus tard votre estomac réclame un vrai repas. En bref, Breaking news fait partie des scripts que l’on aime mais qu’on est loin d’adorer. Et cela pose un problème pratique. Le talent ne manque pas à Hollywood. Chaque année voit débouler des centaines de nouveaux scénaristes qui maitrisent le process d’écriture. Alors présenter un bon script ne suffit pas. Il faut être très bon, voir génial.

C’est tout le problème de Breaking news qui rate son envol dès la caractérisation de son personnage principal. Susan est censé être ignoré dans son environnement. Raison pour laquelle elle imaginera ce plan abracadabrant. Mais l’auteur force le trait en l’a rendant pratiquement invisible et casse ainsi la relation de confiance indispensable censé nous lier à son histoire. On pressent une forme de manipulation, non pas dans l’histoire mais dans notre lecture de l’histoire.

Globalement et malgré ce défaut, le script se lit sans déplaisir et son originalité (une héroïne dans un univers à la Coen brothers) est suffisante pour aller jusqu’au bout. Est-ce que cela est suffisant pour lancer la production d’un film à 10 millions de dollars ? Peut-être comme unitaire sur une plateforme comme Amazon Prime...

Tags : thriller / hollywood / Anne Hathaway / Les frères Coen


29/11/2017

Titre : A quiet place

Genre : Horreur / Post apocalypse

Statut : Deux scénaristes, Scott Beck et Brian Woods, sans relations dans le business (c’est donc encore possible), ont vendu leur script à la Paramount via la société d’Emilie Blunt et son mari.

Pitch : Dans un monde où les humains sont chassés et tués par des créatures à l’ouïe particulièrement développée, une famille a appris à vivre dans le silence le plus total. Quand la mère doit bientôt accoucher, la famille s’empresse de construire une cabane totalement insonorisée...

Avis : Attention, nous avons dans les mains un script de 75 pages. Fini les 120 pages que plus personne n’a le temps de lire, encore moins un décisionnaire à Hollywood prisonnier de son rendez vous pédicure et de sa soirée avec son escort favorite. Oublié les deux heures nécessaires à se manger des dialogues abscons alors que vous pourriez faire un tennis. Voilà le script 3.0. Ah, je vous vois venir, écrivain en devenir, incapable de retenir plus longtemps votre excitation. 75 pages c’est 30 pages de moins à devoir remplir inutilement. Ne vous emballez pas trop vite. A quiet place n’offre aucun dialogue. Pour un film dont le postulat de départ est le silence pour survivre, rien de plus normal. Mais retirez les dialogues et tentez de ne décrire que des actions et vous constaterez à quel point l’exercice requiert toute votre énergie et jusqu’au dernier atome de votre prétendu talent.

Bien, revenons à nos protagonistes. Nous avons deux enfants, Will, 10 ans et sa soeur April, 8 ans. Ils exécutent sagement leurs corvées dans la ferme familiale tel un épisode de la Petite maison dans la prairie. Leur mère, Mia, enceinte, se prépare aux premières contractions. Mais rapidement on constate que l’on est loin de la représentation classique d’une vie à la campagne. Exit les cris des enfants et les réprimandes des parents. Un silence de plomb recouvre le périmètre de la ferme. Pas un mot ne doit être prononcé. En effet, les créatures qui sévissent sur terre perçoivent le moindre son, le moindre murmure. L’homme est un animal adaptatif et la famille a mis au point un système de communication qui lui évite d’ouvrir la bouche.

L’insonorisation de la cabane à outils va bon train mais se retrouve soudain au centre de toutes les inquiétudes quand Mia sent ses premières contractions apparaitre. La père réunit d’urgence sa famille dans la cabane mais découvre que sa fille manque à l’appel.

Comment peut-il la sauver quand il est incapable de l’appeler ? Et bien c’est ce que le script tentera de résoudre. Avis : A quiet place est brillamment exposé. Au-delà de son postulat de départ, original et propice aux enjeux multiples, les auteurs déroulent leurs scènes avec brio.

Prenons l’exemple de celle où Mia subit des douleurs dans sa cuisine qu’elle doit endurer en silence sans pouvoir appeler à l’aide alors que sa petite famille s’active devant ses yeux, inconsciente. Les scénaristes ne se sont pas reposés sur leur idée. Ils ont ajoutés l’idée maitresse, l’arrivée d’un bébé. Et un bébé ça braille. Soudain, ce qui pouvait apparaitre comme une situation délicate devient une question de vie ou de mort.

Ils poussent même l’enjeu de départ jusqu’à ses dernières extrémités en révélant que les membres de la famille ne communiquaient déjà pas entre eux avant même la menace des créatures. Voilà une manoeuvre scénaristique maligne qui permet d’étoffer singulièrement des personnages muets. Quelques bémols néanmoins. Le bébé est étrangement calme... Et la fille est censé se perdre dans un environnement qu’elle est censé connaitre... La leçon à retenir est que votre plan scénaristique ne doit jamais suivre une ligne droite. Ce qui exacerbe les enjeux ici c’est l’arrivée impromptue du bébé qui oblige la famille à revoir tous ses plans. Recommandé ? Définitivement à voir !

Tags : Emily Blunt / horror movies


19/11/2017

Chez Punchtale, on aime renifler les tendances, voir les anticiper. Il était donc assez naturel que nous nous penchions sur l’actualité des projets hollywoodiens sous la forme d’une courte analyse des scripts ‘optionnés’ par les décideurs de Los Angeles.

Optionné signifie acheté par des producteurs ou ds studios et donc susceptibles de s’affranchir de la destiné impitoyable de 99% des scénarios, à savoir le dessous de table ou les limbes d’Internet.

Si finalement Punchtale rassemble des histoires qui se lisent comme des films, pourquoi ne pas dévoiler des films à venir ? Enfin, ‘à venir’ est un sacré pari pris sur l’avenir quand un scénario vendu a plus de chance de se retrouver sur amazon ou Facebook que dans un multiplexe. Mais chez Punchtale on se fiche pas mal de l’écran tant que l’ivresse du voyage narratif est là...

The sparrow
Genre : SF sombre
Pitch : Dans un futur pas si lointain, une expédition est envoyée sur une planète d’où s’échappe une étrange musique. Mission qui se conclura par un désastre sans appel.
Statut : 10 ans dans les nappes vaporeuses de l’enfer du développement. En 2014, le projet a bifurqué pour une voie alternative de diffusion hors salles. Le scénariste Michael Perry a donc rendu une adaptation de 54 mn que nous commentons.

Avis : En 2089, au Vatican, Emilio Santoz, un homme d’une cinquantaine d’années est gardé captif sous une couche de bandelette. Dehors, une foule grandissante lui lance des pierres et des insultes en le traitant de meurtrier, de violeur...

Flashback 20 ans en arrière. Santoz fait partie d’une expédition spatiale de 7 passagers conduite par les jésuites. En effet, la musique diffusée par la planète inconnue semble être un chant religieux.

Les autres passagers sont le père Roubidoux, le capitaine, Sofia Mendes, un linguiste et Sam Hawkins, un brillant scientifique athée. Sofia et Hawkins sont mariés alors que nous découvrons que leur relation n’est pas vraiment apprécié par Santoz sans doute à cause des sentiments qu’il cache envers Sofia.

Arrivés sur la planète inconnue étrangement dénuée de vie extra terrestre, le vaisseau procède à une analyse de son environnement. Au cours de cette semaine de quarantaine, les passagers se réveillent un matin en découvrant que Hawkins a disparu.

Santoz et Sofia partent à sa recherche et le repère au sommet d’un pic rocheux. Santoz tente de le convaincre de revenir mais au moment où il lui saisit la main, Hawkins lâche prise et tombe. Santoz annonce la nouvelle à Sofia et au reste de l’équipage mais avec une imperceptible satisfaction. Finalement, Sofia est maintenant à sa portée.

Par un miracle inattendu, Hawkins réapparait le lendemain en bonne santé, irradiant une sorte de béatitude. Il professe avoir rencontré Dieu et croire enfin en son existence !

A ce stade, soulignons que tous les éléments dont traite The sparrow sont de véritables repoussoirs pour une adaptation télé. Religion, philosophie, introspection, autant de thèmes qui n’anticipent pas d’un tsunami de téléspectateurs.

Néanmoins, Michael Perry réussit à contourner le problème en créant un premier enjeu dès l’arrivée sur la planète. Quand Hawkins disparait, on est immédiatement pris par l’angoisse qui saisit les autres passagers et par leur recherche immédiate. Dès lors on est dans un épisode de la Quatrième dimension, voir dans la première demi heure d’Alien. Et c’est bien parce que Hawkins disparait et meurt que son retour devient soudain profondément inquiétant.

Maintenant, nous parlons d’un pilote télé dont les enjeux ne sont pas encore clairement identifiés. Néanmoins, ce mélange étonnant de religion et de science fiction n’aurait pas trouvé de meilleur moment pour se voir éventuellement adapté. Jamais les possibilités n’ont été aussi larges avec les milliards investis par les nouveaux entrants (Facebook, Netflix, Apple...).

Pour autant, rappelons nous du troisième volet d’Alien avec cette planète regroupant des prisonniers semblables à une secte religieuse. La mayonnaise ne prit pas et il est possible que The sparrow puisse décontenancer plus d’un amateur de science fiction contemporaine.

A suivre.

Tags : Science fiction / La quatrième dimension / Religion / Scénario / Hollywood


04/11/2017

CBS prépare un reboot de la quatrième dimension !

Oui, nous ne pouvions, chez Punchtale, passez à côté d’une telle annonce.

A ce stade les informations sont minces mais nous savons déjà que Marco Ramirez, qui a sévit sur Netflix avec Daredevil, sera sans doute le show runner, donc le chef d’orchestre de la série.

Rappelons que l’originale a été diffusée sur CBS en noir et blanc de 1959 à 1964 en pleine âge d’or de la science fiction. Deux nouvelles adaptations ont eu lieu dans les années 80 et 2000 mais sans retrouver l’impact de la première saison qui a littéralement inspiré les plus grands réalisateurs et auteurs de SF d’aujourd’hui.

La société de Jordan Peele, Monkeypaw production, semble avoir été choisie pour assurer l’intendance. Si ce choix se confirme, nous ne pourrons que nous en satisfaire en considérant que les débuts de Jordan Peele avec le film succès surprise de 2016, Get out, ont été salués comme une version afro-américaine dérangeante de la Quatrième dimension...

Tags : twilight zone, la quatrième dimension, cbs, get out, science fiction


10/10/2017

Chez Punchtale on a le sens du devoir et Blade Runner 2049 étant enfin sorti sur les écrans, nous estimons nécessaire d’apporter nos lumières sur les mystères qui entourent la fin du film.

Un leurre de réplicant, bon sang !

Beaucoup de choses dans Blade Runner restent volontairement dans le brouillard plus ou moins épais qui traverse le film. Mais alors que le générique de fin défile sous nos yeux, une chose apparait clairement; Ryan Gosling est un faux réplicant issu de la fille de Deckard et de Rachel.

Au cours de l’enquête de Ryan Gosling on apprend qu’il y a bien un faux réplicant et que ce pourrait être une femme. Rappelons que les réplicants sont ces fameux humanoïdes censés aider les humains aux tâches les plus pénibles. Quand ils se révèlent être un problème, les blade runner interviennent.

Ryan Gosling a été implémenté avec la mémoire de la fille de nos deux fugitifs du premier Blade Runner. Ceux qui ont pris soins de cacher cet enfant n’ont jamais pu imaginer que le leurre, en l’espèce Ryan Gosling, mènerait une enquête qui l’entrainerait vers ce qu’il n’était pas censé découvrir, lui-même…

Deckard en est-il ou pas ?

Blade Runner est une roue qui ne cesse de tourner autour des mêmes interrogations existentielles; qui sommes nous ? Sommes nous juste la somme de notre héritage biologique ?

Dans son périple, Ryan Gosling voit naitre des sentiments pour un hologramme féminin sous les traits de Ana de Armas. Mais une fois qu’elle est détruite, Ryan Gosling l’a voit réapparaitre sous la forme d’une publicité et il s’interroge sur la sincérité des sentiments qu’elle lui avait avoué.

Si nous prenons au sérieux les sentiments exprimés par Ana l’hologramme alors nous ouvrons la boite de Pandore et nous considérons les réplicants comme des individus autonomes à l’instar des humains…

L’amour désincarné

Question éternelle qui semblait résolu par Ridley Scott lui-même lorsqu’il avoua que Harrisson Ford était bien un réplicant avec une mémoire implantée. Mais rien n’est simple et l’acteur a toujours différé de son réalisateur sur ce point.

Dans Blade Runner 2049, la question reste en suspens malgré des indices semés tout au long du film. Harrisson Ford prétend ainsi avoir du fuir avec Rachel ce qui laisse sous-entendre que leurs vies étaient toutes les deux en danger et qu’ils partageaient donc ce statut de réplicant. Wallace affirme de son côté que Deckard était programmé pour rencontrer Rachel et assurer leur descendance. Encore une fois, nous en sommes laissés à de pures spéculations mais finalement n’est-ce pas tout l’attrait des personnages de cet univers ?

Voilà pour nos brèves observations d’un film qui reste néanmoins, avant toute chose, un ‘eye-candy’ visuel.

Tags : Blade Runner / Blade Runner 2049 / Denis Villeneuve / Ryan Gosling / Harrison Ford / Science Fiction / Ridley Scott


19/09/2017

Nuits spatiales 3*

Chez Punchtale on aime vivre avec son temps. Et quand Chasseur d’appart avec l’inénarrable Stephane Plaza est diffusé deux fois par jours sur M6 sans que cela ne provoque de haut le coeur ou d’infarctus, on se dit que le logement c’est vraiment… important.

Alors qu’en est-il ailleurs ? Non, pas en proche banlieue ou dans une ville de province avec les commerces à proximité, l’école pour les mioches et le garage pour la collection de vhs manga du père. Non, on vous parle d’un ailleurs qui rendrait tous les camping car des retraités européens avec recyclage chimique des toilettes pour le moins… désuets.

Notre ailleurs à nous c’est l’espace infini, le noir, le glacial, celui que notre Plaza national aurait bien du mal à dompter. Et quel serait donc le meilleur transport pour circuler tranquillement à la vitesse de la lumière, les pieds en éventail sur le tableau de bord ? Le Millenium pardi ! oui mais voilà, après avoir étudié la question nos spécialistes sont formels, la vie au sein du vaisseau de contrebandier serait un enfer. Et voilà pourquoi.

Tout d’abord vous seriez toujours en cavale. Tout le monde veut la peau du Millenium ! L’Empire le veut, le premier ordre le veut, Unkar Plutt et Kanjiklub aussi. Et c’est sans compter sur la myriade de mercenaires qui lui ferait bien son compte. De plus le Millenium a eu un nombre certain de propriétaires comme le toujours souriant Lando Calrissian. Alors si c’est pour vous réveiller de votre sieste avec l’angoisse de voir débouler un insecte sous une armure et pointant son doigt de 40 centimètres contre votre fragile poitrine, à d’autres…

Félicitation, vous avez été poursuivi par un gang de chasseurs de primes à l’intérieur d’un champs d’astéroïdes. Vos talents de pilote et la maniabilité hors paire du Millenium vous ont permit d’envoyer plusieurs de vos poursuivants contre des rochers en apesanteurs. Mais il est temps d’en finir pour profiter d’un verre à la terrasse du bar du Centaure. Vous enclenchez alors la vitesse lumière et… le moteur du Millenium crachote à nouveau.

Oui, la vitesse lumière est la plus belle et la plus rapide fuite qui soit mais encore faut il qu’elle marche. Ce qui n’est que rarement le cas. Le Millenium est un tas de ferraille qui nécessite un entretien d’orfèvre. Alors certains diront qu’avec un peu d’huile de coude et une bonne frappe sur la tableau de bord, la vitesse lumière peut s’activer sur un malentendu. Mais qui d’entre vous serait prêt à prendre ce risque ?

Une fois vos poursuivants semés, comment gérez l’espace congru du Millenium ? En effet, l’engin n’offre pas plus de confort qu’un vulgaire camping car Trigano. Le dépliant officiel du Millenium indique deux simples chambres sans compter la cale. Ce n’est pas là que vous pourrez organiser vos soirées ou emmener vos amis de la lointaine planète Chrisom en vacance sur la ceinture de glace.

Avec ses deux couches par chambre, le Millenium accueille péniblement 4 passagers. Il n’est pas rare de buter contre un corps recroquevillé dans la coursive ou le cockpit dont le seul signe de vie est un ronflement pénible. Bref, vous l’aurez compris, le Millenium n’est pas le paradis pour enfants.

L’absence totale d’ergonomie de l’engin est aussi une source de surprise. Dans The force awaken, il nous est permit de découvrir les toilettes dont l’espace rappelle celui de nos cabines téléphoniques que les moins de trente ans ne peuvent pas connaitre. Autant dire que l’hygiène corporelle est le cadet des soucis des rebelles. Détail qui ne manque pas de saveur, les toilettes sont à portée de main de la cuisine. Il est fort probable que vous risquez de voir débouler un inspecteur de l’hygiène à tout moment et que l’amende vous reste en travers de la gorge.

Le Millenium sent un peu l’huile faisandée. Rappelez vous les trois premiers épisodes, pas de cuisine à l’horizon et juste de vieux sandwichs Subway à grignoter entre deux course poursuites. Mais l’historique du vaisseau nous apprend que Han Solo s’est entiché d’une cuisine Ikea flambant neuve après l’officialisation de sa relation avec Leila. Un beau cadeau de mariage bien douteux en somme…

Maintenant, s’il vous vient l’envie de frire des frites Mc Cain et de cuire un tournedos en plein vol, accrochez vous. Les finances de Han Solo étant aussi instables que son vaisseau, il est à craindre que les équipements de cuisson soient au rabais et consomment une bonne partie de l’énergie nécessaire à l’alimentation électrique du pont supérieur. Bref, si vous n’avez pas peur de voyager dans le noir et que le tournedos irradié par une vitesse subsonique vous convient, n’hésitez plus !

Putain, qu’est ce qui ronfle dans la cale ? C’est bien la question que vous risquez de vous poser en traversant la coursive. En effet, si le Millenium a toujours été un engin de transport de fret, il n’en reste pas moins que ses propriétaires successifs n’avaient pas vraiment le cv d’un chauffeur polonais. D’un trafiquant d’armes à un joueur compulsif en passant par un revendeur de ferraille en tout genre, le vaisseau a eu son lot de personnages interlopes.

Les propriétaires du Millenium ont sans doute chacun laissé des traces de leur passage avec des planques que vous n’avez pas du remarquer en embarquant. Voyager avec une cargaison d’armes nucléaires peut vous imposer des nuits blanches en plein trou noir. Mais rien de pire que de se retourner dans son sommeil à cause d’un bourdonnement dans la cale que vous prenez pour un piston mal réglé et qui s’avère être le ronflement d’un alien gélatineux que vous ne tenez absolument pas à réveiller…

Bref, assurez vous les services de Tatooine Fast Cleaning Ship avant tout départ. Ils sont rapides, efficaces et pratiquent une réduction de 10% si vous mentionnez Punchtale.

On se fait chier dans le Millenium. Le constat est sévère mais bien réel. A part relire les mémoire de la fille cachée de l’empereur sur votre couchette, il ne vous reste qu’à jouer au Dejarik, cet espèce de jeu d’échec aux aliens virtuels. Autant vous dire tout de suite que le jeu nécessite un nettoyage complet de sa surface qui a surtout servi aux repas de l’équipage. Au pire, il vous reste à entamer une conversation avec C-3PO sans savoir quand elle prendra fin.

C’est un peu comme voyager dans un fer à cheval au milieu d’un course de pure sang. Oui, le Millenium n’a pas été construit pour briller dans l’espace et ça se voit. Il est parfait pour transporter des cargaisons en tout genre mais il ne remportera jamais la compétition de Mister Spaceship organisée tous les 5 ans sur Centaurius.

Au petit jeu des comparaisons, le Millenium ne tient pas la route face au Nubian Yacht de La menace fantôme ou même au classique chasseur X-wing. Grossier et pataud, il ne vous permettra en aucun cas de frimer si vous êtes un célibataire aux commandes.

Voilà, en espérant que ce test exhaustif et impartial vous aura permis d’y réfléchir à deux fois avant de booker le Millenium sur AirbnbSpace.com

Notre note de 3 * est susceptible d’évoluer l’année prochaine depuis que les nouveaux propriétaires du Millenium nous ont assuré une rénovation complète du vaisseau.

A bon entendeur, salut

Tags : star wars / Millenium Falcon / Harrison Ford / The empire strikes back / The return of the jedi


03/09/2017

Poltergeist en roue libre

Alors que la sortie du prochain opus de Punchtale se prépare dans le plus grand secret pour cet hiver, nous avons décidé d’apporter un nouvel éclairage à la nouvelle The omen, en libre accès sur la plateforme. En effet, si le tournage du film fut un véritable chemin de croix, à la limite du surnaturel, un autre film fantastique a été victime de phénomènes similaires…

The poltergeist, produit par Steven Spielberg en 1982, a marqué l’histoire du film de genre fantastico-horifique des années 80. Aujourd’hui encore, le film est considéré comme un classique au même titre que The exorcist ou justement The omen. Pourtant, ce film semble avoir aussi débordé de son cadre de pure fiction pour interagir avec la vie des intervenants sur le projet.

Ainsi, plusieurs cas de morts suspectes sont apparues une fois le tournage terminé. L’actrice de 22 ans jouant Dana dans le film fut étranglé à mort par son ex petit ami alors que son fiancé écoutait la bande son du film Poltergeist sur son walkman pour ne pas avoir à subir les cris de leur dispute…

En 1988, alors que le troisième volet venait tout juste d’être en boite, la très jeune héroïne de la trilogie, Heather O’Rourke, décéda d’une violente septicémie et d’une crise cardiaque.

Le jeune comédien, Oliver Robins, fut lui pris à parti par le clown animé censé lui saisir la cheville sous son lit. Mais le système électrique régissant le clown déconna sec et la bras animé attrapa le cou du gamin pour ne plus le lâcher. Sans l’intervention de Steven Spielberg, il est probable que l’acteur y aurait laissé sa vie en étouffant.

Un dernier acteur, Richard Lawson, faillit rejoindre l’au-delà dans un crash d’avion en 1992 dont il échappa de justesse en échangeant sa place au dernier moment.

Des évènements étranges se sont aussi immiscé dans la vie du réalisateur du remake en 2015 dont la maison loué pour la circonstance scintilla par intermittence alors que toutes les lumières décidèrent de jouer avec les nerfs du réalisateur. Il remarqua aussi que ses drones censés filmer des plan au-dessus de la maison furent incapable de cibler leur gps sur l’endroit.

Le réalisateur poussa l’audace jusqu’à prétendre que sa maison était hanté par une femme en robe noire. On aurait pu croire à un gimmick marketing mais lorsque le propriétaire confirma les dires du réalisateur, le doute s’installa.

Poltergeist 2 ne fut pas exempte de son lot de bizarreries. Will Sampson, vrai shaman dans la vie, exerça un vrai exorcisme pour une scène du film et mourut peu de temps après de complications cardiaques.

Poltergeist 3 fut l’objet d’une explosion inexpliquée dans une scène dans un garage. Trois personnes furent gravement brûlées alors que la scène avait été répétée et préparée de nombreuses fois.

Les exemples ne se limitent pas à cette liste exhaustive mais leur récurrence peuvent suggérer que certains tournages déclenchent, de par leur sujet, des évènements surnaturels.

The omen a sans aucun doute dépassé toute logique et a définitivement enterré l’idée de coïncidences malheureuses. Mais le film traitait directement du diable et on ne s’enrichie pas sur le dos du malin sans en payer le prix fort !

Tags : Punchtale - Poltergeist - Steven Spielberg - The omen - Diable - Malédiction - Exorcisme - meurtres


23/08/2017

Les mavericks de l’image

Tandis qu’Hollywood continue à lutter pour garder la tête hors de l’eau chaque été et que les studios font tourner désespérément la map monde pour trouver de nouveaux pays susceptibles d’investir et de perdre plusieurs milliards, les nouveaux entrants affutent leurs armes.

Apple met sur la table 1 milliards en 2018. On peut leur souhaiter le même succès qu’avec Pixar mais Steve Jobs, l’initiateur du rachat, n’étant plus là…

Google, via Youtube, vient d’annoncer 40 programmes originaux pour ses chaines sans préciser le montant investi.

Google, via Youtube, vient d’annoncer 40 programmes originaux pour ses chaines sans préciser le montant investi.

Netflix, bon premier, assume 8 milliards pour l’année prochaine. C’est aussi bien une nécessité qu’un message envoyé à la communauté de créatifs d’Hollywood. Une nécessité parce que les studios, à l’instar de Disney, développent leur propre plateforme et veulent se distancier d’un acteur qui pratiquait jusqu’à présent une sorte de péage obligatoire. Un message car il est impératif d’apparaitre comme l’ami des stars pour pouvoir bénéficier de leur projet en priorité.

Amazon Prime continuera à investir 5 milliards en 2018 pour enrichir son catalogue 10 fois plus fourni que celui de Netflix.

Enfin, Facebook, avec sa plateforme Watch, prétend être prêt à investir plus de 3 millions de dollars par épisodes pour la trentaine de programmes qu’il s’apprête à produire.

On le voit, il y a toujours un nouvel entrant pour sauver les créateurs de contenus. La Chine a sauvé Hollywood en 2006, l’Inde suivra peut-être. Netflix a relancé la machine 5 ans plus tard jusqu’à cette masse de liquide prévue pour 2018.

Il est frappant de constater à quel point les groupes industriels (téléphone, moteur de recherche, retail…) sont à chaque fois rattrapés par leur danseuse, le contenu. Il suffit de se souvenir de l’épopée Vivendi Universal qui vit Messier vendre ses activités les plus rentables comme le retraitement des déchets pour se lancer dans le cinéma pour comprendre à quel point ce mécanisme dépasse souvent toute logique. Messier perdit son pari et perdit surtout des dizaines de milliards en valorisation.

Cette course à l’échalote pour alimenter des plateformes satisfait d’abord les auteurs, réalisateurs, acteurs d’Hollywood. Ces gens là, à l’instar d’un Poutine, voit défiler tous les 5 ans de nouveaux acteurs sur le marché mais eux restent… Il y aura de la casse mais elle ne fera qu’égratigner les comptes de groupes aux bilans gargantuesques.

Néanmoins, elle accélérera sans nul doute le tsunami de distribution qui voit nombre de films diffusés directement sur ces plateformes alors qu’ils auraient été sortis en salle 15 ans plus tôt. Bright avec Will Smith en est la parfaite incarnation. Une star mondiale, un concept de science fiction original, des effets spéciaux aux petits oignons et pourtant Netflix assure sa diffusion.

Ces mavericks placeront donc encore plus haut la barre séparant le choix d’un film en salle des autres, les stars et les effets spéciaux ne suffisant plus à envoyer les spectateurs en salle. Cette fois, Hollywood devra vraiment faire preuve d’imagination.

Tags : Apple, Amazon prime, youtube, Facebook watch, Netflix, Google, Bright, Will Smith, films, series tv


08/08/2017

Netflix rachète Punchtale !

Dans cet inertie propre au mois d’aout où chacun essaye de payer au prix fort son parasol à Majorque, Punchtale continue son travail méthodique d’analyse et d’écriture.

Aujourd’hui, nous saluons l’achat des éditions Millard par Netflix. Netflix, inutile de vous faire un dessin. Le groupe de location de dvd à muté avec une grande élégance dans le streaming et dans un environnement propice à ces pivots stratégiques nécessitant des milliards d’investissement, la Silicone Valley ! Peu importe les 20 milliards de dettes du groupe, la croissance est au rendez vous et rien ne vaut un web 1.0 façon 1999/2000 pour rajeunir à peu de frais.

Qui est Millard ? Un scénariste (www.millarworld.tv). Oui, un type qui écrit pour les comics et pour Hollywood et qui ressemble à un brasseur de bière irlandaise à la conquête du bassin d’Arcachon. Et pourquoi cela vaut une news chez Punchtale ? Parce que nous sommes les seuls à renifler le changement de paradigme dans le divertissement. Les cartes sont redistribués à une vitesse plus rapide qu’il n’en faut pour Luc Besson à écrire Valérian 1 et 2.

Que reste-t-il à des groupes médias assoiffés de contenus quand les deux licences les plus prolifiques sont aux mains de Disney pour 2500 ans renouvelables par tacite reconduction ? Et bien il reste des individus, des mavericks qui bâtissent eux-mêmes leur univers pierre après pierre. Mais c’est donc Punchtale ?

Netflix sort ton carnet de chèque quand il en est encore temps. Bonnes vacances bande de branleurs.

Tags : Netflix, kick ass, kingsman, jupiter ascending, serie tv, series tv, comics


31/07/2017

Les vétérans ont ils perdu leur mojo ?

La question mérite d’être posée à l’aune de la sortie passée de Valérian et au vu du premier trailer totalement indigeste de Ready Player One de Spielberg. Nous ne reviendrons pas sur les qualités artistiques du film de Besson dont les critiques pullulent sur Youtube depuis que chaque ectoplasme à peine sorti d’une école de cinéma privée s’érige critique en herbe. Néanmoins, son échec patent sonne comme le signal de quelque chose qu’il est encore trop tôt de définir. On pressent néanmoins qu’un cycle est en train de se conclure sans savoir par quoi il sera remplacé. Revenons au coeur du problème : Le jusqu’au boutisme numérique de Valérian s’est révélé être aussi léger qu’une razzia de marshmallows chauffée au bout d’un stick sur un feu de plage et recouvert de beurre de cacahuète.

Comment un homme capable de bouleverser le paysage de la SF au milieu des années 90 avec Le cinquième élément, à l’instar d’un Paul Verhoeven et de son mythique Starship Troopers, peut-il se confondre dans une saccharine de platitudes 20 ans après ?

Ce qu’on attend d’un réalisateur s’est sans doute l’expression de sa révolte. Malheureusement c’est souvent un flingue à un coup. Mathieu Kassovitz en est le parfait exemple. Après La haine, ce fut la rage et son florilège d’énervements post-pubère.

Quand Besson tourne Le cinquième élément, il sort à peine de Leon, film noir de rédemption. Besson ose alors le film de space opéra réaliste. Comme dans Star Wars, ses voitures volantes ont des problèmes de tuyauterie et Bruce Willis observe le monde qui l’entoure avec le même détachement qu’un Han Solo. A l’époque c’est une véritable révolution qui deviendra culte grâce au VHS et à la possibilité de revoir ce film plusieurs fois pour mieux redécouvrir ses plans riches et inventifs. Il y avait encore à l’époque, chez Besson, des reliquats de révolte et de combat, notamment pour s’extraire de sa relation avec Gaumont et trouver d’autres financements. Surtout, ses années de vaches maigres n’étaient pas si éloignées.

Spielberg n’a sans aucun doute pas vécu les mêmes affres que Besson pour percer dans le milieux. Quand l’un mangeait littéralement des pâtes tous les jours pour tourner son premier long en noir et blanc l’autre se voyait confier l’adaptation d’un best seller. Mais tous les deux ont toujours abordés la révolution numérique avec lucidité, voir une certaine méfiance.

Spielberg a ouvert la voie du CGI avec Jurassic park, sans doute plus en raison du challenge que lui imposait sa réalisation que de sa fascination pour les disques durs et les fonds verts. Idem pour Besson qui n’est pas tombé dans le piège de la piétaille à gogo façon Le seigneur des anneaux en tournant Jeanne d’Arc.

Comment alors ne pas être sidéré de leur dernière oeuvre respective qui semble se confondre dans le culte idolâtre d’une technologie pourtant déjà en déclin. En effet, si les producteurs se réjouissaient aux début des années 2000 de pouvoir tout réaliser et donc tout montrer à l’écran, qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Pas grand chose si ce n’est que tout a été montré. De la catastrophe naturelle (Titanic, San Andrea...) à la reconstitution épique (Le seigneur des anneaux, King Kong...), le spectateur a tout subit, tout avalé jusqu’à l’indigestion.

Hollywood a tué sa poule aux oeufs d’or, le star system, pour l’a remplacer par le tout CGI mais le citron a été pressé au-delà du possible. Cette fuite en avant est symptomatique d’un pays lui-même livré à une course sans fin d’endettements et de conflits militaires inutiles. Après les chutes de ventes vhs, Hollywood s’est sauvé avec le dvd. Avec la dégringolade des ventes de dvd, Hollywood a failli de nouveau mourir en 2006, sauvé in extremis par le marché chinois, lui même arrivé à saturation aujourd’hui.

Nos vétérans ne sont pas étrangers à ces bouleversements puisque le financement de leurs films n’est plus assuré intégralement par les majors. Europa a bénéficié d’une injection classique de capitaux chinois qui a du influencer grandement Besson dans ses choix esthétiques. En effet, il est de bon ton de considérer le public chinois friands de blockbusters grotesques goinfrés au CGI. Spielberg, lui, avait déjà cédé à l’abêtissement du numérique inutile et ridicule avec ses ‘extra- terrestres’ d’Indiana Jones 4.

Alors aujourd’hui, assiste-t-on au chant du signe de cette mascarade ? Il conviendrait plutôt de poser la question suivante : qu’y-a-il après le tout CGI pour sauver Hollywood ? Rien.

Mais cette fois, Tinseltown ne semble pas conscient du boulet qui s’apprête à lui trouer les poches. Le jeu vidéo sur consoles est en passe de connaitre ces 5 prochaines années plus de bouleversements que ces 30 dernières. Les futurs suites de Red Dawn Dead à GTA 6 en passant par The last of us 2 vont marquer l’avènement d’un média en passe de réunir la qualité graphique d’Hollywood avec l’interactivité.

A ce titre, Ready player one de Spielberg, qui se veut être l’adaptation d’un best seller mêlant les jeux vidéos des années 80 et la réalité virtuelle, est un faux pied de nez au monde du jeu vidéo. Il démontre à quel point nos deux cinéastes ont sans doute capitulé face à la tentation de laisser les images numériques en roue libre dans l’espoir de capter l’intérêt d’un public adepte de jeux. Mais même ces derniers sont devenus exigeants avec les éditeurs de jeu vidéos et réclament de solides scénarios en sus d’un graphisme irréprochable.

Après s’être reniflé pendant 30 ans et avoir essayé de fusionner pour accoucher de films ratés ou de jeu vidéos d’adaptation de film bâclés, l’un s’apprête à avaler l’autre sans autre forme de procès. Besson et Spielberg devraient comparer le potentiel de la VR sur console avec les limites artistiques des films en 3D pour comprendre que l’avenir leur échappe sans doute. Mais le veulent-ils vraiment ?

Tags : Luc Besson, Steven Spielberg, Ready Player One, Valerian, Science Fiction, Star Wars, Le 5ème élément, The last of us 2, GTA 6, Red dawn dead 2


24/05/2017

JJ Abrams dispose d'un statut à part à Hollywood, celui très envié du type à qui on ne dit jamais non. Dans une ville où le 'oui' est aussi rare qu'une bonne blague d'Hanouna, c'est un rôle que seuls se partagent une poignée de réalisateurs/producteurs. On peut citer James Cameron et sans doute Christopher Nolan mais guère plus aujourd'hui.

Abrams est un croisement de Spielberg et de Rod Sterling, le créateur de la 4ème dimension. Et c'est bien cela qui nous intéresse chez Punchtale. Le réalisateur a toujours revendiqué une inspiration dont les racines puisent aussi bien dans les films de science fiction de Spielberg et Lucas que dans les univers aux confins de l'étrange de la série de CBS.

La franchise Cloverfield est à cet égard un prototype dont on ne se lasse pas pour le moment. Débuté sous les meilleurs auspices avec Cloverfield, le monstre à New York, elle s'est poursuivie un peu par hasard avec 10 lane Cloverfield, le film en milieu clos dont la fin tisse un vague lien avec le film précédent.

C'est bien cette construction informelle, un peu 'au cul du camion', qui rend le projet si excitant. Aucune stratégie mûrement réfléchie jusqu'à l'écoeurement comme pour les Star Wars, juste une envie de raconter des histoires en tirant un fil rouge fédérateur. Le prochain film The god particle, dont la sortie est prévue en novembre, propose à ce titre un pitch foutrement emballant.

Troisième opus de la 'série' Cloverfield, le film narre le réveil brutal de spationautes d'une base en orbite autour de la terre alors que celle-ci a disparue suite à une expérience dans un accélérateur de particules... Ce résumé aurait tout aussi bien pu se retrouver sur Punchtale et c'est bien pour cela que nous partageons avec vous notre fébrilité d'adolescent !

JJ Abrams, Cloverfield, The god particle, science fiction, Spielberg, Lucas, Star Wars


25/04/2017
Georges Lucas nous prendrait-il pour des cons?

Voilà deux mois, le baby boomer spatio-temporel, révélait le sourire en coin que Star Wars n'avait été pensé et crée que pour une tranche d'âge bien spécifique, les 5-15 ans. A voir le plaisir prétendument coupable des plus de 30 ans à emmener leur progéniture en salle, on réalise à quel point le réalisateur méprise son public.

Votre serviteur n'ayant pu visionner Rogue One que récemment, il en tirera néanmoins les mêmes conclusions que Lucas, le yoda barbu. En effet, on ne peut être que stupéfait devant la naïveté du propos du film et ses incohérences à faire sourire le plus candide des neuneus. Rogue One pêche par son marketing du story telling outrancier avec son héroïne de manga et son side kick kung-fu matricien qui cochent tous les marqueurs indispensables pour un film mondialisé. Mais finalement là n'est pas le plus dérangeant. On passera sur le charisme digne d'un chroniqueur média sur une chaine de la TNT en la personne des 'héros' masculins mais on ne pourra, en revanche, pardonner l'incohérence des scènes.

Comment, en effet, l'Empire a-t-il pu tomber si bas ? Ses fameux stormtroopers ne sont plus que des playmobiles tombant comme des mouches que ce soit sous le coup d'une béquille au genou ou sous les tirs de la Résistance. Ce n'est plus une lutte à mort mais un massacre en règle que seule la persistance dans l'attaque frontale inutile des forces de l'empire permet de faire prolonger sur deux bonnes heures.

Les enjeux, déjà péniblement rasoirs, n'en sont que plus inintéressants. Souvenons nous de la raclée monumentale des rebelles dans leur repère de glace au début de l'Empire contre attaque. Ce volet, considéré comme le plus réussi, doit sans doute sa notoriété à la logique militaire de son propos et son réalisme. La résistance résiste pour ne pas disparaitre. C'est une lutte pour sa survie que les nouveaux Star Wars semblent avoir oublié au détriment de combats vaguement inspiré d'un film de Marvel (tiens, Disney possède les deux franchises...).

L'autre problématique qui m'a sauté littéralement aux yeux est l'absence de profondeur de l'image. Depuis l'abandon des maquettes et du bricolage de studio au profit d'un CGI forcené, on pensait que la perfection représentait enfin un objectif mesurable. Pourtant, je fus vraiment pris de court par le découpage des éléments de la scène dite 'exotique' où le décors d'ilots et de cascades ainsi que les vaisseaux traversant son champs apparaissaient d'une platitude suspecte. Plus d'une fois je me suis surpris à déceler le travail à la palette graphique du studio...

Bref, Au rythme auquel Disney compte sortir un nouveau volet Star Wars, on peut légitimement craindre que les défauts de structure narrative empirent (sans jeu de mots pourris). Ceci d'ailleurs m'interroge sur la finalité morale de ce conte pour enfants. A force (sans jeu de mots foireux) de mettre branlées sur branlées aux pauvres soldats de l'Empire, les rebelles ne deviendraient-ils pas eux-même l'incarnation d'un mal en devenir ?

Tags : Rogue one, Georges Lucas, Science fiction, stormtroopers, l'empire contre attaque, Star Wars


En ce beau matin de mars, sous un soleil encourageant, nous avons décidé à Punchtale de braquer notre projecteur sur la science-fiction française. Et oui, chez Punchtale ont l'aime la science fiction. On sait que le sujet n'est pas facile, qu'il est même paradoxalement à contre-courant dans ce monde hyper connecté, mais que voulez vous, on adore les challenges!

La science fiction française au cinéma est encore plus rare que la science fiction littéraire qui a connu de beau restes jusqu'aux années 80. Pierre Bouille ou Jules Vernes sont encore de véritables références mais le constat n'en ai pas moins sans appel. La science fiction sur papier a littéralement disparue des radars.

Il est difficile d'avancer une raison claire à cette extinction en bonne et due forme mais gageons que la baisse structurelle du lectorat et une technologie croissante à tous les niveaux de la société rend l'exercice périlleux. En effet, quand tous les scénarios possibles (intelligence artificielle, transhumanisme, voyage sur Mars...) sont à portée de main, la science fiction doit proposer quelque chose de fondamentalement nouveau pour se faire à nouveau désirer.

Pourtant, son influence en tant que genre n'a jamais cessé de hanter les esprits de nos créateurs. C'est ainsi qu'est apparue au milieu des années 2000, une fournée de films SF avec comme argument de vente, une 'french touch' qui ferait autant de miracles qu'avec l'electro. Le résultat fut néanmoins le pire des scénarios envisageables, à savoir une suite de films au mieux bâclés et au pire totalement irregardables, et cela sans compter leur échecs commerciaux abyssaux.

Citons trois d'entre eux, Eden log du français Franck Vestiel et l'acteur Clovis Cornillac, Dante 01 de Marc Carro avec Lambert Wilson et Arès de Jean Patrick Benes avec on ne sait trop qui. Chacun à leur manière contribue à souligner les travers, voir les impossibilités, que traverse ce genre de cinéma.

Nous ferons volontairement l'impasse sur celui qui lança cette succession de bouzes atomiques, en l'espèce Julien Leclercq et son Chrysalis qui fut plus une expérience d'anticipation que de vraie SF. Rappelons néanmoins que l'olibrius définissait son style par sa volonté de renouveler l'image du flic de demain et qu'un flic d'Europol incarnait le mieux cette modernité... Les souverainistes apprécieront.

Les racines du mal sont sans doute multiples mais plongent aussi dans les influences dont ces cinéastes se prévalent. Influences censées être une sorte de sauf conduit ( J'ai été biberonné par Blade Runner mais on avait pas de budget...) et qui se révèlent une prison sordide à défaut d'être dorée. Il est d'ailleurs fascinant de voir à quel point, et malgré l'évolution stupéfiante du numérique, un réalisateur d'aujourd'hui apparait incapable d'offrir une vision crédible d'un monde de 'demain'.

Le film Arès quant à lui entraine le spectateur dans ce qui serait un Paris d'anticipation totalement cliché. Anarchie à chaque coin de rue (aucun roms néanmoins à l'horizon), les corporations ont pris le pouvoir (comme si les apparatchiks de la mairie de Paris allaient aussi facilement abandonner leur gamelle) et la saleté s'impose partout (sans doute le meilleur sursaut d'anticipation du film). Nous ne nous attarderons pas sur l'intrigue qui n'en ai pas une mais constatons que le simple environnement du film est déjà entaché de toute crédibilité.

Ridley Scott adaptait Philip K Dick, ce qui a rendu sans doute son film beaucoup plus profond que ce que son esthétique de façade laissait paraitre. De plus, le réalisateur anglais est beaucoup plus malin quand il s'agit de tracer les évolutions de nos sociétés. Oui, les corporations auront sans doute la main mise sur nos vies quotidiennes mais il le décrit subtilement. Sigourney Weaver dans Aliens est obligé de composer avec l'entreprise de transport spatiaux pour retrouver un job. Harrison Ford accepte un dernier job pour un système qu'il désavoue. Bref, ils composent et c'est ce qui donne corps au film.

Ce qui manque sans doute à ces réalisateurs c'est un semblant de conscience politique qu'ils seraient capable de dépasser. Mais là encore nous sommes loin du compte. Ne reste alors que des objets cinématographiques non identifiés comme Dante 01 de Marc Carro qui lorgne vers le pire des Alien, Alien 3, le scénario en moins. Autant dire, le vide interstellaire. Quant à Eden Log, le spectateur doit supporter une remontée des entrailles d'un bidule de chez Castorama sans plus d'explications que les râles de Cornillac.

C'est bien donc le manque de matériel écrit, de bases littéraires, qui rend le processus de production de films SF français plus qu'improbable. Sans auteurs capables de prendre du temps pour renouveler le genre et écrire de véritables histoires, il ne faudra pas compter sur des réalisateur dont la paresse scénaristique est bien connue et qui ne désire que débuter la phase de réalisation au plus vite. La responsabilité en incombe aussi aux producteurs qui, à vouloir sortir des sentiers battus à tout prix, s'aveuglent du potentiel d'un film sur son seul genre...

Tags : Science fiction, Cornillac, Marc Carro, Alien, Ridley Scott, Harrison Ford, Lambert Wilson, Pierre Bouille, Jules Vernes

Studio + ou moins ?

L'année dernière, nous avions mentionné le lancement de la nouvelle offre de Canal plus dédiée exclusivement aux smartphones sous la forme de séries encapsulées en vignettes de 10 minutes. L'application est en ligne depuis deux mois et nous avons 'browsé' plusieurs épisodes (gratuits évidemment). Bien qu'il soit difficile de dresser un constat à ce stade, il est néanmoins possible d'offrir quelques pistes de réflexion.

Canal Plus se targue de dépenser un million d'euros par saison. Si ce montant apparait comme faible comparé à une série TV classique il n'en reste pas moins important pour une série Web. Techniquement, les séries ne déméritent pas. En revanche, sur le volet purement conceptuel, on peut afficher un certain scepticisme.

Canal Plus a le mérite de faire travailler des auteurs, réalisateurs et comédiens du monde entier pour satisfaire sa distribution internationale. Et c'est sans doute là que le projet atteint ses limites. Ainsi, une série de genre SF nous impose des comédiens dans une station orbitale avec un accent... quebecois. On pressent alors que l'impératif économique du projet a pris le pas sur une véritable analyse du bien fondé de ce même projet. Il a du falloir sortir x nombre de séries à telle date et ratisser tous les genres possible pour plaire au plus grand nombre.

Quand on connait le temps passé et l'argent dépensé en développement pour les séries d'acteurs du marché tels que Netflix ou Amazon, on s'interroge sur le parti pris marketing du projet de Studio + et cela d'autant plus que l'impératif du format (vignettes de 10 mn) rendait l'écriture encore plus ardue. Sur les quatre épisodes visionnés aucun n'a suscité un intérêt suffisant pour envisager un abonnement. Les sujets ressemblent à un resucée d'idées ayant fonctionnés tentant maladroitement d'embrasser tous les genres pour, au final, d'en dépasser aucun. On ne répétera jamais assez que face à un déferlement d'images et de séries, seul l'originalité du point de vue d'un genre connu rend son écriture nécessaire. Ceci impose de faire l'impasse sur la quantité au détriment de la qualité. Oui, la pollution culturelle existe aussi.

Le format de 10 mn quant à lui rappelle les formats de 3 mn testés sur les mobiles au moment du lancement de la 3G en 2003. Vivendi pariait déjà à l'époque sur des contenus exclusifs aux mobiles avec au final un abandon en rase campagne dès que les wallgardens des opérateurs ont du subir l'accès illimité à l'internet sur les Iphones. Bref, un support ne fait pas un contenu. Si Amazon ou Netflix développent des séries aux mêmes formats que celles des broadcasts traditionnels c'est parce qu'ils ont compris que les spectateurs s'en satisfaisaient bien et que seul importait l'exclusivité.

Il n'y a donc aucune leçon tiré du passé et il sera toujours temps de faire le bilan de cette expérience à la fin de l'année. Avec quasiment aucune communication sur les chiffres d'abonnement on peut déjà s'interroger sur la viabilité du concept. Je serais bien évidemment heureux d'avoir tort :)

Tags : Studio + / Canal Plus / Série TV / Smartphone / Mobile / Contenus mobiles


Ben Affleck inutile

Entendons nous bien, Ben Affleck n'est pas un acteur/ réalisateur inutile mais il vient de connaitre son premier faux pas dont les conséquences, néanmoins, ne changeront guère son statut.

En jouant et en réalisant et produisant un projet qui lui tenait particulièrement à coeur, Live by night, l'acteur pensait sans doute aligner une succession de bons points qui ne pouvaient pas rater leur cible. Mais le résultat sans appel au box office (perte nette de 75 millions de dollars) est venu contrecarrer une envie que l'on pourrait qualifier d'inutile.

Ben Affleck a vu sa carrière décoller dans les années 90 et son film reflète l'état d'esprit de ces années là. Adapté d'un livre à succès et auréolé d'un casting solide, le film pouvait prétendre à une carrière au box office et de sérieuses nominations aux oscars. Ca c'était sur le papier car quand on regarde le projet de plus près, on s'étonne qu'un acteur avec autant d'expérience ai pu faire preuve d'autant de naïveté.

Le film de genre et plus particulièrement le film de gangster d'époque est-il vraiment nécessaire ? Ou plutôt est-il utile de traiter ce sujet sans un angle audacieux ? Non. L'expérience de Michael Mann avec son inutile Public Ennemies aurait du servir de leçon. Le film de gangster classique n'est pas suffisant pour déplacer les gens dans les salles. Quand Brian de Palma tourne Les incorruptibles en 1989, il adapte un sujet universel que le nom de Capone permet de vendre sans même expliquer l'histoire. De plus, le style original de Brian de Palma rend le projet audacieux pour l'époque. Mais en 2017, un sujet identique sans personnage mythique et avec une réalisation terne et classique est la recette idéale pour un bide.

Ben Affleck a sans doute été pris du syndrome Eddy Murphy qui, à l'aune d'une gloire internationale grâce aux flic de Beverly Hills 1 et 2, décide de se lancer dans un projet personnel qui signera le début de sa chute. Avec Harlem Nights, Murphy se prendra un bide légendaire sur un sujet identique...

La bande annonce de Live by night, comme son titre ou ses affiches, sont une succession de ratés qui devraient être enseignés dans les écoles de cinéma. Nul doute que la relation toute particulière qui unit la Warner à Ben Affleck ne sera pas remise en question. Le studio a une culture de studio s'appuyant sur des relations très étroites avec une écurie d'acteurs dont le plus célèbre, Clint Eatwood, démontre que cela s'inscrit sur la durée. Warner a bien trop besoin d'Affleck sur la seule franchise DC Comics qui fonctionne, Batman, pour se permettre de tancer sa star. Depuis les années 80 et le renouveau des studios, il est de notoriété que ces derniers acceptent de financer des projets casse gueule pour leurs stars à titre de compensation pour leur fidélité sur les franchises qu'elles portent en tête d'affiche.

Tags : Ben Affleck / Gangster / Warner / bide / Batman / Box office.


Box office 2016, la corde raide

Les comptes sont bouclés, les chiffres agrégés, les bouteilles de champagne sorties du frigo et les jeunes présentateurs à la barbe de trois jours prêts à dégainer leurs analyses griffonnées sur un coin de table sur LCI et BFM TV...

E n r e s t a n t e n s u r f a c e ( t e c h n i q u e analytique si chère à nos consultants et spécialistes en tout genre), on ne peut que célébrer une année 2016 qui balaye les records d'entrées précédents en salle. Le cinéma attire toujours plus de spectateurs ! Elle est pas belle la vie ?

Oui mais non. Il y a deux ans, les maisons d'éditions se félicitaient de voir pour la première fois les ventes d'e-book baisser face aux livres traditionnels. La messe était dite. L'e-book n'était qu'un 'fade' et les auteurs indépendants auto-proclamés n'avaient plus qu'à ravaler leur fierté. En fait, les ventes avaient bien baissées mais ce ralentissement des ventes touchaient essentiellement les e-books des grandes maisons d'édition dont les nouveaux prix avaient refroidis les plus enthousiastes des lecteurs numériques. En revanche, les ventes d'e-book d'auteurs indépendants progressaient de 15%...

Les chiffres, ratios, pourcentages annoncés par les médias sont toujours à prendre avec des pincettes. Quand le chômage baisse, il baisse. Ne regardez pas sous le capot. Alors quand on vous dit que le cinéma français et Hollywood ne se sont jamais aussi bien portés, sablez le champagne.

Oui mais non. L'année 2016 pour le cinéma français est un des second meilleur millésimé depuis 30 ans mais pour la première fois les seniors apparaissent plus nombreux que les jeunes à poser leur postérieur usé sur les fauteuils tout aussi usé des salles françaises. La population vieillit certes mais une industrie qui perd ses 15-25 ans au profit des 50-60 ans devrait se poser des questions quant à son avenir.

A Hollywood, les enjeux sont encore plus sensibles. Le box office total avoisine les 11,5 Milliards de dollars mais les profits sont en baisse de 15%. De plus, Disney accapare plus de 50% de part de marché ! Les exécutifs du studio aux grandes oreilles se sont posés les bonnes questions depuis 10 ans et ont développés le concept FOMO (Fear of missing out).

La seule question qui vaille pour eux est de savoir si leurs films s'imposeront comme indispensable pour faire déplacer les gens en salle. Et la réponse quasi messianique est apparue sous la forme des deux nouveaux labels absorbés par Disney que sont Lucas Films et Marvel. Si tout est rose chez Disney, les autres studios s'interrogent sérieusement sur leur survie à court terme. On parle de deux studios de trop sur ce marché de plus en plus monopolistique. D'une situation d'oligopole pendant des décennies, les studios observent avec angoisse un Disney qui pourrait devenir l'Amazon du cinéma et avaler toute concurrence.

Tags : Cinema, hollywood, marvel, pixar, star wars, disney, box office, e-book.



Le retour des Citées Etats

Quelque soit les soubresauts nationalistes en Occident, l'Etat Nation est sans doute mort et enterré. Incapable de gérer des mouvements contradictoire intenables au sein même de populations comptant plusieurs dizaines, voir des centaines de millions d'individus, il est amené à disparaitre.

Cela ne se fera pas brutalement mais il est néanmoins illusoire de croire que cela n'aboutira pas avant la moitié de ce siècle. La raison d'être de l'Etat repose aujourd'hui avant toute chose sur sa capacité à rémunérer grassement une infime couche de la population (politiques professionnels au niveau national et régional). Ces individus n'ont aucun intérêt à tuer le mulet.

Pourtant, et très vite, des masses de plus en plus importantes d'individus vont définir des territoires où s'appliquera la loi du plus grand nombre. Ainsi, on constate cet état de fait avec l'islamisme et pourtant une vaste majorité de la population ne se reconnait pas dans cette loi religieuse. Elle devra donc alors logiquement marquer son propre territoire.

La cité état est peut être la solution pour éviter un chaos généralisé. Plus souples, aux frontières facilement défendables et surtout capables de définir de nouvelles règles, ces cités peuvent nous surprendre en réincarnant l'âge d'or de celles qui ont marquées la Renaissance.

Dans ce domaine, l'Asie est encore en pointe et l'exemple de Forest City des plus intéressant. Bâtie à la frontière de Singapour mais en territoire Malaysien, elle s'étend sur plusieurs dizaines de kilomètres et surtout définie à elle seule la ville du XXIème siècle. Ecologique, indépendante énergétiquement, architecturalement avant-gardiste, elle pourrait apparaitre comme un îlot de paix pour des classes moyennes aisées paniquées par le chaos social et économique croissant.

Tags : Nation / chaos / architecture / singapour / islamisme / venise /


Difficile quand on est réalisateur aussi consacré que William Friedkin que de ne pas coucher sur papier ses décennies d'expérience à Hollywood. Son cas est d'autant plus intéressant qu'il est l'un des derniers survivants de cette période bénie des années 70 où un réalisateur était capable de faire plier un studio.

Friedkin a débuté avec des documentaires et des premiers films qui se sont révélés des échecs patents. Le tournage de The french connection apparait donc comme une dernière tentative pour ne pas disparaitre définitivement des radars d'Hollywood. Friedkin a eu l'intuition de tourner ce polar d'action comme un documentaire avec un style erratique et une atmosphère sordide à l'image du New York de ces années là. Il ne se cache d'ailleurs pas de s'être inspiré de A bout de souffle de Godard. Selon lui, le film de Godard comme Rosemary baby et Alien de Ridley Scott ont marqué à jamais son approche du cinéma. Difficile de lui donner tort.

The french connection renouvellera le genre du polar comme l'avait initié Bullitt avec Steve MacQueen. Le film sera aussi la première expérience de Friedkin avec la poursuite auto en milieu urbain. Il l'a maitrisera jusqu'à la perfection et ses explications concernant les préparatifs de la scène figurent parmi les éléments les plus intéressants de l'ouvrage.

Le succès du film lui ouvre les portes des studio et la chance le suivra lorsqu'il portera son choix sur l'adaptation d'un livre retraçant un exorcisme de 1949 qu'il considère aujourd'hui comme véritable. C'est toute l'ambiguïté du personnage qui ne semble pas être croyant et qui, de part son obsession du détails et de l'enquête d'investigation, conclura à la réalité de la possession d'un gamin.

Le film, à l'instar d'Alien, restera le mètre étalon du film fantastique et d'horreur. Dire qu'il a été et qu'il reste une source d'inspiration pour une majorité de réalisateur est un euphémisme. Il fait partie de ces films qui dépasse toute notion de temps et qui se révèlent incapable de mal vieillir. Son thème intemporel, ses effets spéciaux non digitaux, son bras de fer scénaristique avec une médecine moderne incapable de faire face, lui offre une patine fascinante. L'exorciste joue avec nos plus profonds démons; le mal et la pureté incarné par une adolescente vierge et innocente. Aujourd'hui encore, l'écho du film se perd dans les limbes d'une Syrie où les jeunes filles sont les proies du mal absolu.

Avec un billet à 3 dollars, le film accumulera 400 millions de recettes. Un record. Au prix du billet actuel, le film aurait dégagé une recette d'un milliard et deux cents millions de dollars pour un coût de 30 millions. Avec la troisième recette de tous les temps, Friedkin survole Hollywood et se sent invincible. C'est en général là que les ennuis commencent.

Du haut de son 15 pièces de Central Park, il réfléchit à son prochain film et porte son choix sur un remake du Salaire de la peur. Les droits sont acquis auprès de Clouzot qui ne comprend pas bien l'intérêt d'un remake. Friedkin pense à Steve Mac Queen pour le rôle du personnage principal d'un groupe de fuyards en Amazonie. Il a raison, le comédien serait parfait. Mac Queen vient de se marier avec Ali Mac Graw et ne se voit pas sans elle pendant 4 mois. Il suggère un rôle de producteur à sa femme que Friedkin s'empresse de refuser. Il reconnaitra plus tard que son arrogance de l'époque à sans doute plombé le film.

Sorcerer reste un très bon film, étrange dans son nihilisme et dans ses choix visuels mais définitivement à part. Il sera un échec critique et public. A partir de là, Friedkin entame une traversée du désert interrompue par quelques films qui ne parviennent pas à lui rendre son statut d'antan. On notera l'excellent To live and die in LA où Friedkin arrive à saisir l'atmosphère des années 80 avec un style visuel et une bande son qui n'aurait pas déplue à un certain Michael Mann. Et surtout Cruising avec Al Pacino sur le milieu SM gay à New York qui lui value les foudres de la communauté. Ces derniers s'empressant de se rassembler sur les lieux de tournage avec des sifflets pour empêcher toute mise en image...

Friedkin a du faire face à de sérieux problèmes cardiaques et une fois qu'il eut frôlé la mort il s'interrogea sur le sens de sa vie et sur sa 'legacy'. Il aurait pu arrêter de tourner après l'Exorciste et rester l'un des plus grands réalisateurs contemporains. Il a néanmoins voulu démontrer qu'il pouvait encore retrouver le goût du public. Cela démontre que pour certains la satisfaction de l'oeuvre accomplie n'est jamais satisfaisante.

Le livre présente un intérêt pour tout ceux qui s'intéressent à l'oeuvre de Friedkin mais aussi pour ceux qui seraient suffisamment curieux pour comprendre les mécanismes à l'oeuvre derrière le choix d'un sujet, son financement et sa production. A l'instar de la partie sur son rôle de gouverneur de la Californie dans les mémoires d'Arnold Schwarzenneger, les pages dédiées à ses captations d'opéras et à ses derniers films se révèlent d'un intérêt limité.

Le seul conseil que l'on pourrait donner à ce grand monsieur : restes en à l'essentiel.

Tags : William Friedkin / Hollywood / L'exorciste / Polar / Violence / Drogue / Steve Mac Queen / Malédiction / Box office


Bone Tomahawk ou The descent au Far West. En imaginant une tribu troglodyte dans les montagnes de l'ouest américain, Craig Zalher ancre un genre oublié dans une modernité sanglante.

La frontière de l'ouest n'est plus ainsi cette limite invisible que l'homme blanc s'empresse de franchir mais une séparation entre l'humanité et ses origines que l'on a trop vite oublié. En se plongeant dans une poursuite à la recherche d'une femme enlevée, nos quatre hommes découvrent que l'horreur est souvent tapis au détour d'un chemin et que seule la capacité à conserver des sentiments (sauver sa femme malgré une jambe cassée) tout en en faisant abstraction (tuer sans broncher) permet de s'en sortir indemne.

Finalement, l'indien en 2016 est un djadhiste avec un arc qui n'hésite pas à décapiter et à démembrer ses adversaires, un reflet du mal absolu qui nous permet d'éviter toute réflexion historique. Les temps ont changés depuis les années 90 et Danses avec les loups. L'indien ne lutte plus pour sa survie et n'est tout juste qu'une nouvelle forme de zombies qu'il faudra bien éradiquer.

Il y a une certaine jouissance à anticiper ce jeu de massacre sans autre considération que celle d'une vengeance primale. Mais le film pâtit d'un ventre mou qui aurait bénéficié d'un régime minceur de 20 minutes. Tourné sur les hauteurs de Los Angeles, il ne souffre pas vraiment de son manque de budget inhérent à tout film indépendant. Néanmoins, on pourra lui reprocher un résultat moins probant que The descent, mètre étalon du film de survie et un ton moins original que Ravenous.


Il y a 15 ans un certain JM Messier s'échinait à sauver un paquebot Vivendi qui traçait immanquablement sa route vers un iceberg nommé 'boulimie d'acquisitions' / 'explosion de la bulle high-tech' / Synergies inexistantes. A l'époque le wonder boy vantait la complémentarité des tuyaux et du contenu. Le tuyau royal était déjà le mobile avec les perspectives impériales de la 3G. Au lancement de celle-ci, du contenu exclusif fut pensé et produit. Qui s'en souvient ? Personne car très vite, le wall garden des opérateurs vola en éclat face à l'intrusion de l'Iphone et de son accès ouvert à internet.

En lançant Studio +, Canal Plus veut s'inscrire dans une stratégie de contenus mobiles exclusifs en produisant des séries sous la forme de pastilles de 10 minutes. 25 millions ont été débloqués et Luc Besson signé. Si la pertinence d'un format exclusivement dédié au mobile peut laisser songeur, le volet commercial laisse lui aussi perplexe.

Les séries seront proposées aux opérateurs pour favoriser leur différenciation. Donc, tous les opérateurs ne pourront être visés à moins de perdre toute logique de différenciation. De plus, comment les opérateurs comptent-ils commercialiser cette offre ? Un supplément sur des forfaits sera très compliqué à mettre en oeuvre. Enfin, Studio + a déjà produit et compte produire pour l'international, avec des sujets locaux et en langues originales. Un cadre du groupe a d'ailleurs loué le formidable potentiel du continent africain où le mobile a détrôné le PC.

On ne peut que rester pantois devant une telle prise de risque qu'aucun précédent ne vient valider. Si le mobile est le premier outil de consultation de google aujourd'hui, est-ce le meilleur support pour suivre une série ? Le format ne suffira pas à garantir le succès de l'entreprise. Imposer un climax toutes les 10 minutes impose une écriture encore plus contraignante que celle d'un téléfilm pour France 2. Enfin, l'Afrique a-t-elle vraiment besoin de séries à l'heure où sa population double et son taux d'alphabétisation reste toujours aussi bas ?

On le voit, cette annonce semble s'inscrire dans une course à l'échalote doublée d'un coup de com' pour un entrepreneur breton qui ne sait plus par quel bout reprendre la main sur son bateau fantôme Canal Plus. Il est à craindre qu'à peine commercialisée ces séries soient déjà dépassées par de nouveaux modes de consommations que nous ne connaissons même pas encore.

Peut importe le support, seul le sujet et son exploitation comptent. Le contenu court gratuit a toujours existé et pullule sur Youtube. Studio + risque d'être coincé entre ce contenu gratuit professionnalisé et les nouvelles séries lancées par Amazon, Netflix et consorts.


London has fallen est la suite tragique de La chute de la maison blanche, produit par Avi Lerner, sexagénaire producteur des Expendables. On remarque dès lors que ce qui s'apparente à un film de studio n'en est pas un. Est-ce l'un des rares moments de lucidité des exécutifs des studios qui ont poussé ce film dans les bras d'un producteur indépendant ?

Le budget relativement limité, 60 millions de dollars, se distingue immédiatement dans les CGI de qualité à peine passable qu'ils semblent sortis tout droit d'un film du milieu des années 90 (avant Starship Troopers). Le reste n'est même pas à l'avenant. Le président des Etats-Unis se retrouve une nouvelle fois dans un merdier terroriste improbable. La probabilité que ce genre d'événement arrive plus d'une fois au représentant de l'Etat le plus paranoïaque au monde est plus que nulle. Mais cela n'arrête pas nos scénaristes branquignoles dont la mission est claire, bouffer de l'arabes terroristes à mano, à l'automatique ou au couteau.

En terme de réflexion géopolitique, le film touche le fond. La chancelière allemande est une sainte qui se fait flinguer illico tandis que le premier ministre italien préfère tripoter sa maitresse (ce qui d'ailleurs lui sauve la vie). Le pompon revenant à la représentante du département d'Etat (?) se félicitant de l'absence du président russe.

Donc on résume. Tout les services spéciaux occidentaux sont des bras cassés. Les Etats-Unis semblent prêt à 'droner' jusqu'à plus soif au Fuckistan (texto...) mais cela ne les empêche pas d'ignorer la Chine et la Russie. Bref, les populations civiles occidentales ont du souci à se faire.

Le film a été budgeté à 60 millions de dollars (donc 120 avec les coûts marketing) et en a rapporté 190 (donc 90 pour les producteurs). Pas de quoi pavoiser. Mais Hollywood et ses producteurs s'en contentent, preuve que le 7ème art va devoir sérieusement réfléchir à son devenir avant de boire une tasse encore plus fatale que celle de 2006 (les studios ont licenciés 50% de leurs effectifs face à la dégringolades des ventes DVD).


Difficult men n'est pas le premier livre sur le nouvel âge d'or des séries du câble américain et ne sera pas le dernier. Il y définitivement là une fascination, voir une surexposition, d'un genre télévisé qui a vu naitre des séries aux tons franchement plus libres dès les années 2000 avec l'éternel Soprano. L'élément essentiel qui a permis l'éclosion de ces séries 'on the edge' est sans aucun doute la capacité des chaines du câble à s'abstraire des recettes publicitaires et ainsi de pouvoir bâtir un succès sur quelques millions de téléspectateurs et non plus plusieurs dizaines de millions.

L'auteur explore le parcours des 'show runners' derrière ces séries et dont le pouvoir tant artistique que financier est devenu stratosphérique. Il observe avec regret la baisse qualitative des productions actuelles et la fin d'un cycle. A ce titre, on peut comparer les 15 dernières années télévisuelle américaine à la décennie des années 70 hollywoodienne. Est-ce à dire que Les sopranos soit aussi puissant que Le parrain 2 ? Non et c'est sans doute la limite de cette dévotion à l'égard de ces séries feuilletonantes. Elles sont d'un bon niveau comparées aux séries des network américains des années 90. Oui, Mad Men est artistiquement supérieur à Seinfeld. Mais elles auront du mal à soutenir leur caractère 'révolutionnaire' face aux Scorcese, Copolla et Friedklin des grandes années.


Le dernier opus de Stephen King méritait-il vraiment que le grand maitre s'y attarde sur 300 pages ? Pas vraiment. King est prolifique, un roman par an, et c'est en tout cas en ces termes que le définisse les critiques. Mais il faudra sans doute un jour admettre que ce rythme infernal rend la qualité de certaines de ses oeuvres plus suspectes que d'autres.

King a sans aucun doute donné ce qu'il avait de meilleur jusqu'au milieu des années 90 et s'il est encore capable de surprendre, il est néanmoins contraint de se répéter.

Cette histoire autour des écrits non publiés d'un écrivain mythique qui laisseront derrière eux du sang et des larmes n'a en aucun cas la puissance dévastatrice d'un Misery. Et se pose ainsi la question de l'utilité d'un énième roman pour un auteur qui n'a plus rien à prouver.

Quand le fond prend l'eau, les petits travers liés à la forme nous apparaissent encore un peu plus gênant. En particulier, cette tendance à étirer des scènes, voir des actes entiers, inutilement. Finalement, en l'absence d'un vrai sujet, King nous offre une vraie démonstration de ce qui est indispensable pour tout écrivain avant d'entamer son sujet ; avoir un point de vue.